Ce jeudi 5 novembre a été une nouvelle journée de mobilisation très suivie. Le secteur culturel, autant inquiet qu’en colère, était à nouveau présent dans les cortèges pour défendre les services publics, notamment une filière qui constate une cascade de coupes budgétaires.
Les récentes décisions concernant Le Tangram à Évreux ont accru une inquiétude, déjà bien réelle depuis plusieurs saisons, dans le milieu culturel, très fragilisé. Le 5 octobre, les partenaires de l’EPCC (établissement public de coopération culturelle) ont annoncé une baisse de leur dotation de 354 000 € pour l’année 2027. Premières conséquences : pas de festival Les AnthropoScènes en mai et pas de spectacles à la rentrée et pendant tout le dernier trimestre. Les lieux culturels connaissent tous d’années en années des diminutions de leur budget. Ce qui fragilise l’ensemble d’une filière et au-delà.
« Nous continuons toujours à faire avec. Mais jusqu’où ? » Pour rappel : « la culture — celle qui va chercher les publics empêchés et éloignés — est adossée à des fonds publics souffre à cause des baisses drastiques de ses financements. Il y a des coupes par-ci par-là alors que les recettes sont stables et les coûts de fonctionnement augmentent. » Ainsi « les équipes des salles sont impactées, aussi les artistes, les techniciens et les techniciennes… Cela a des conséquences sur l’économie locale. » Et « quand il n’y aura plus de compagnies, nous aurons des coquilles vides et des outils qui ne serviront plus à rien. » Autre inquiétude : « certains élus mettent la main sur les programmations. Il faut sanctuariser la culture. »
Lors de cette journée de mobilisation du jeudi 5 novembre, le secteur culturel s’est à nouveau joint aux manifestations pour aussi « dénoncer la casse des services publics » et « les violences sur les plus jeunes », aussi « montrer une solidarité de toutes les revendications. » Autres constats : « il y a un cynisme que l’on paie cher. Tout est fait pour appauvrir la société » mais « rien n’est fait pour trouver d’autres solutions que couper dans les budgets. Qu’est-ce qui va rester ? » « Cette colère vient d’un fond de misère, de délabrement et d’urgence. Nous sommes arrivés à un point inédit. Nous voyons une convergence se faire. Le pouvoir a allumé plusieurs feux qui sont en train de former un grand brasier. La stratégie d’attente est un très mauvais choix. »
Les revendications sociales s’ajoutent à d’autres plus politiques pour « ne pas détruire la culture qui aide à vivre et contribue à construire un monde sans haine. »
