photo JB Pellerin

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C’est une première en Normandie et en France. Le Concours Corneille, concours international de musique ancienne de Normandie, organisé par Le Poème harmonique, se tient du 8 au 11 septembre à la chapelle Corneille à Rouen. Explication avec Vincent Dumestre, fondateur et directeur artistique du Poème harmonique.

 

Comment s’inscrit le Concours Corneille dans les démarches pédagogiques du Poème harmonique ?

Il y a l’école harmonique, le principal projet pédagogique du Poème harmonique créé il y a deux ans. C’est un projet à long terme pour les enfants de 6 à 11 ans. Je voulais faire le pendant de ce travail de transmission. Les participants au concours sont les futurs grands interprètes, qui ont entamé une carrière ou pas tout à fait. Pour Le Poème harmonique, c’est une autre manière d’aider les jeunes solistes de la musique baroque. L’ouverture de la chapelle Corneille a été une révélation pour le concours. Jouer dans ce lieu, c’est génial. L’acoustique est belle, le rapport au public est intéressant. Tout était réuni pour imaginer un concours.

 

Comment se déroulera le concours ?

Le mode de fonctionnement des concours mérite aujourd’hui d’être régénéré. Souvent, ils sont longs, quasiment une semaine sur place. Pour les jeunes interprètes, c’est coûteux. D’autre part, on leur demande des programmes à rallonge. Nous avons imaginé un concours sur quatre jours, agréable à vivre et un passage sur un temps réduit.

 

Avec un hébergement chez l’habitant.

Nous avons essayé de faire en sorte que tout soit bien organisé pour eux. Les interprètes trouvent ainsi à Rouen une famille musicale et d’accueil. Cela crée une émulation, une motivation de venir au concours. Les personnes qui hébergent peuvent suivre leur candidat favori. Nous souhaitons que ce concours soit aussi un temps de connivence entre les musiciens et le public. Nous voulons aller plus loin que la musique et grâce à la musique.

 

Le Concours Corneille est le premier concours de musique ancienne en France. Comment expliquez-vous cela ?

La musique ancienne n’a pas encore son réseau. Quand un musicien sort du conservatoire, il n’a pas beaucoup de possibilité pour se faire connaître. Il y a le bouche à oreille, les stages. Petit à petit, le nom circule. Ce qui existe dans le répertoire plus tardif n’existe pas pour la musique ancienne. En France, sont organisés quelques concours pour des ensembles, pour la voix. Le Concours Corneille est donc très attendu.

 

Quel est le plus grand concours pour la musique ancienne ?

Le plus connu est celui de Bruges, la seule véritable référence. Des premiers prix ont été accordés à Justin Taylor qui est venu deux fois à la chapelle et à Jean Rondeau que nous accueillerons lors des prochaines Saisons baroques.

 

Pourquoi avez-vous consacré ce premier concours à trois instruments, le violon, le violoncelle et la viole de gambe ?

Nous allons alterner tous les ans. Pour le premier concours, nous avons choisi trois instruments d’archets. Il y aura ensuite le clavecin, les instruments à vent. 2017 sera une année dédiée à la voix.

 

Le répertoire imposé comprend des œuvres de Tartini, Abel, Dall’Abaco, Telemann, Biber… Quelles sont les difficultés ?

Nous avons choisi un répertoire connu et des pièces plus rares qui exigent un niveau de difficulté. Ce sont des pièces instrumentales sélectionnées aussi pour le public. Ce concours ne doit pas être seulement un moment musical réservé à la gente mélomane et au jury ou un moment de stress. Nous souhaitons qu’il soit partagé avec le public. Nous laissons aussi une part de liberté aux interprètes avec une pièce de leur choix.

 

Ce concours international accueille 35 interprètes de différents pays et aussi un jury international.

C’était important d’avoir un jury international de haut niveau. Ce sont des personnes qui font partie de notre réseau et qui ont accepté avec plaisir. Il y a tout d’abord des musiciens dont Rachel Podger, qui sera la présidente, Philippe Pierlot, Friederick Heumann, Gaetano Nasillo, et des personnalités du monde musical comme Olivier Lexa, directeur du Venetian Center for baroque Music et Peter Reichelt, directeur du festival Resonanzen en Autriche.

 

  • Du jeudi 8 au samedi 10 septembre de 10 heures à 18 heures, dimanche 11 septembre à 16 heures à la chapelle Corneille à Rouen. Entrée libre, sauf le dimanche, 5 €. Réservation au 02 35 14 20 93 ou sur www.lepoemeharmonique.fr