alexisGeorges et moi… Georges, c’est Brassens. Moi, c’est Alexis HK. Cette rencontre sur scène était inévitable. Tant l’auteur de La Mauvaise Réputation ou des Copains d’abord a accompagné Alexis HK dans sa vie et dans son parcours musical. Jusqu’à présent, Alexis HK avait repris ou détourné quelques titres de Brassens. Dans ce spectacle, mis en scène par François Morel, il parle à Georges Brassens, lui raconte comment le monde a changé depuis sa disparition, évoque la liberté, l’irrévérence, la provocation à travers une quinzaine de chansons. Alexis HK joue samedi 21 février au 106 à Rouen.

 

Pourquoi consacrez-vous un concert à Brassens maintenant ?

Cela fait longtemps que ce projet me trotte dans la tête. J’avais cette idée de chanter ses chansons. Cela fait du bien de se mettre au clair avec quelqu’un que je ne connais pas, qui ne me connait pas. C’est forcément drôle. Il y a le plaisir de faire rire, de parler des changements d’époque avec des chansons. Ce projet arrive en ce moment dans mon parcours où j’ai besoin de voir ce que j’ai acquis, de questionner cette envie que j’ai eu de chanter. Je dois tout à Georges Brassens.

 

C’est-à-dire ?

De par sa timidité, sa façon d’être, il m’a donné envie de chanter. Je ne m’en suis jamais caché. Je ne suis pas un fils mais un petit-fils de Brassens.

 

Quel est le fil conducteur de ce spectacle ?

Il y a des chansons qui s’imposent dans cette œuvre gigantesque. Je ne suis pas là pour la faire vivre une fois de plus. Parmi tous les sujets les plus subversifs, il y a les femmes. C’est un sujet dangereux que l’on ne peut plus aborder de cette manière aussi irrévérencieuse. Dans ce spectacle, j’ai voulu ajouter des chansons qui sont à redécouvrir traitant du thème de la liberté ou de l’indépendance d’esprit. On entendra La Fessée, La Religieuse

 

Est-ce que vous avez travaillé avec des musiciens, fans de Brassens ?

Les deux musiciens, Simon à la guitare et Loïc à la contrebasse, connaissaient peu Brassens. Il ne fait pas partie de leur culture. Ils ont découvert avec des yeux ébahis. Ensemble, nous avons travaillé sérieusement. La musique de Brassens n’est pas anecdotique. Il est très important de la respecter, de respecter les sonorités, les couleurs.

 

 

Pourquoi une mise en scène est-elle indispensable ?

C’est une mise en scène basique parce que je ne suis pas comédien. Je voulais être le plus naturel possible sur scène. François Morel est venu me rejoindre en résidence. Il a fait des ajustements. Il a eu un regard extérieur.

 

Est-ce un concert pour les enfants ?

Oui et ils vont entendre des gros mots. Il se peut aussi que nous parlions de sexualité. Cela fait partie des problématiques contemporaines. Il y a beaucoup de blagues à faire sur ce sujet. C’est toute la différence entre son époque et la nôtre. De toute manière, tout est toujours très bien dit.

 

Est-ce agréable de chanter les chansons d’un autre pendant tout un concert ?

C’est très agréable de ne pas défendre ses chansons, de porter des textes magnifiques. Je me sens beaucoup plus libre et moins anxieux.

 

Entre chaque album, vous avez pris l’habitude de vous promener ailleurs, de mener un projet différent. Pourquoi ?

Plus on vieillit, plus on devient exigeant. Préparer un album demande un réel travail de réunir des thématiques personnelles. Par ailleurs, on n’a pas toujours une chanson à écrire. Il faut être dans de bonnes dispositions. Je me permets de prendre le temps. C’est très chouette.

 

  • Samedi 21 février à 16h30 au 106 à Rouen. Tarifs : de 16 à 8 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Vendredi 5 juin à 20h30 au théâtre des Bains-Douches à Elbeuf.
  • Spectacle tout public