David Desvérité découvre l’univers de Philippe Djian avec Zone érogène à la fin des années 1980. Depuis, il a avalé tous les livres de celui qui allait être considéré pendant de longues années comme un écrivain rock et rebelle. C’est une écriture qui passionne le documentaliste, installé près de Rouen, qui commence par créer un site dédié à l’auteur de 37°2 et se poursuit dans la publication d’une première biographie, Philippe Djian, En Marges. David Desvérité revient sur l’enfance, les relations avec les parents et les frères, les années d’errance, les premières publications, la relation avec les éditeurs, le rapport à l’argent, la construction d’une cellule familiale très préservée, la rencontre avec Stephan Eicher… jusqu’à la remise du prix Interallié pour Oh en 2012. C’est tout un parcours richement documenté qui dévoile un homme paradoxal. David Desvérité dédicace Philippe Djian, En Marges samedi 18 octobre à la librairie Colbert à Mont-Saint-Aignan.

 

Comment est venue l’idée d’écrire une biographie de Philippe Djian ?

C’est une idée qui trottait dans la tête depuis longtemps. Quand j’ai créé le site, j’ai écrit une biographie assez longue qui était reprise par les éditeurs, les journalistes. L’idée était déjà là. Ensuite, il a fallu convaincre Philippe Djian.

 

Quelle a été sa réaction lorsque vous avez évoqué avec lui ce projet ?

Il n’a pas été d’emblée enthousiaste. Il a été plutôt méfiant. Il ne me connaissait pas du tout. Il ne savait quel axe j’avais choisi. Il avait peur d’un livre très people. Cela a mis un peu de temps pour qu’il soit en confiance. Tout s’est fait sur la longueur. Philippe Djian est quelqu’un de bavard qui n’a pas été trop réticent à répondre aux questions.

 

Où s’est déroulée la première rencontre ?

J’ai rencontré Philippe Djian la première fois en septembre 2010 au concert littéraire à Canteleu. Je lui ai dit que je m’occupais de son site. Il y a eu un échange de mail. Nous nous sommes ensuite revus plusieurs fois en tête à tête.

 

Vous avez découvert Philippe Djian avec Zone érogène. Quel a été votre sentiment à la lecture de ce roman ?

J’ai aimé le style, la façon de voir les choses, le parcours de ce personnage un peu cabossé. Je découvrais surtout un livre complètement différent de ceux que je lisais.

 

Quel est votre roman préféré ?

C’est Zone érogène qui reste un livre à part parce qu’il est son premier vrai roman, parce qu’il se met en scène. Néanmoins, j’ai un roman préféré dans chaque décennie. Dans les années 1990, il y a Sotos, et dans les années 2000, Impuretés. Ce sont deux romans dans lesquels on retrouve un schéma familial similaire avec trois générations de personnages récurrents.

 

Quelle est, selon vous, la période la plus intéressante ?

C’est la décennie de 1984 à 1995. Il y a une évolution stylistique. On sent qu’il construit quelque chose. Philippe Djian est un auteur qui travaille sur la longueur. Il ne se contente pas d’être l’auteur de 37°2.

 

Vous montrez que Philippe Djian s’est construit à travers la littérature.

Il a en effet appris à voir le monde dans les livres. Sa vision vient des auteurs américains. Cela se ressent dans sa manière d’écrire.

 

Philippe Djian raconte qu’il trouve ses racines dans la littérature.

En tant que Parisien, il s’est toujours demandé comment il était possible d’avoir des racines. Il découvre cette notion à travers la littérature. Quand il arrive au pays basque, il découvre des personnes qui sont fières de leurs racines. Là-bas, il fait ainsi le parallèle entre ces racines territoriales et ses racines qui sont des références littéraires.

 

Les lieux deviennent aussi importants pour lui.

Il y a en effet un rapport entre ce qu’il écrit et le lieu où il écrit. L’environnement a une grande influence. Ses romains biarrots sont différents des autres.

 

Ses rencontres ont été aussi déterminantes dans sa vie, notamment celle avec Stephan Eicher.

Il a fallu du temps pour qu’ils s’apprivoisent. Aujourd’hui, ils sont très liés. Musicalement, ils sont sur la même longueur d’onde. Le travail de Stephan Eicher est indissociable de celui de Philippe Djian. Le chanteur a une grande admiration pour l’écrivain.

 

 

  • Samedi 18 octobre à partir de 14 heures à la librairie Colbert à Mont-Saint-Aignan. Entrée libre
  • Philippe Djian, En Marges, David Desvérité, Le Castor Astral. 512 pages. 24 €.