photo Fabien Tijou

photo Fabien Tijou

Ses titres sont de véritables instants de rêverie. Pandemonium, Solace and Stars, un bel album sorti en octobre dernier, est une traversée sinueuse dans des états mélancoliques et lumineux, au cœur de la nature humaine. Laetitia Shériff, artiste discrète, audacieuse et sensible qui va de collaborations en aventures solo, écrit une pop minimaliste, aérienne, parfois torturée. Elle est jeudi 13 novembre au Tetris au Havre.

 

 

 

 

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez commencé à écrire cet album ?

J’étais plutôt détendue. Souvent, au début des albums, on ne sait pas où on va. On ne sait même pas que le travail effectué va devenir un album. C’est un peu comme cela aussi avec les histoires d’amour. Après, on se débarrasse des appréhensions. Aujourd’hui, dans cette période de crise, il peut y avoir un côté ludique. Comme tout est compliqué, on peut faire ce que l’on veut. Par ailleurs, comme je suis une grande fan d’histoire fantastique, de science fiction, je peux me dégager de la réalité.

 

Qu’aimez-vous dans cette culture fantastique ?

En fait, j’aime bien me faire peur. J’ai des grands frères qui ont toujours été attirés par les films d’horreur. J’ai vu des paysages glauques, apocalyptiques. Malgré cela, il y avait toujours une lueur d’espoir. J’aimerais me dire aussi que notre histoire va bien se terminer. Nous sommes dans une période sombre et il est difficile de se projeter. Quand je regarde ces films et les infos, je me dis que la fiction peut devenir réalité.

 

Vous informez-vous beaucoup ?

J’ai été obsédée par l’information. Cela a duré deux ans environ. Je lisais la presse quotidienne, j’écoutais la radio. Puis, j’ai ressenti le besoin d’aller vers les documentaires parce que je n’avais pas confiance en ces informations telles qu’elles sont présentées. En fait, c’est très nocif. Comme je ne suis pas forte en géopolitique, j’avais du mal à comprendre ce que je lisais et entendais. Avec la musique, il n’y a pas ce côté démago. Il faut transformer cette matière brute en poésie, en douceur alors que cela n’en est pas.

 

D’où vient cette envie de comprendre ?

A l’école. Les profs m’ont donné l’envie d’apprendre, de comprendre, d’être concerné. La conscience politique est venue plus tard, à la fac. Je me sens révoltée.

 

Dans votre album, vous êtes entre deux états, la révolte dont vous parlez et l’apaisement, entre la terre et le ciel…

J’aime bien cette idée d’être entre deux mondes. Solace, c’est en effet l’apaisement. Il y a toujours un moment où on est apaisé. Quand on dort par exemple. Il y a deux façons de prendre la vie : de manière sombre ou bordélique. Je suis très optimiste. Il ne faut pas rester sous les nuages gris.

 

Dans votre vie, il y a la musique et aussi les voyages.

Quand je ne bouge pas, j’ai du mal à avancer, je tourne en rond. Je sais que voyager n’est pas donné à tout le monde. Partir de chez soi a un prix. Mais j’en ai fait ma vie. Nous avons donné des concerts à l’étranger. J’avais face à moi d’autres regards, d’autres cultures. Ces moments m’ont ultra bouleversée.

 

  • Jeudi 13 novembre à 20h30 au Tetris au Havre. Tarifs : de 15 à 10 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur www.letetris.fr
  • Première partie : i.s.l.a