Avec Pollock, Paul Desveaux racontait un poème dramatique sur un peintre torturé, empreint de doutes et d’angoisses, et sa femme, Lee Krasner. Retour aux Etats-Unis. Retour aussi dans le milieu artistique, cette fois-ci dans celui de la musique pour interroger à nouveau ce lien tendu entre l’intime, la création et le contexte politique. La figure de Janis Joplin est au cœur de Pearl, un spectacle joué du 5 au 8 novembre au Volcan maritime au Havre.

 

 

photo Elizabeth Carecchio

photo Elizabeth Carecchio

Janis Joplin : une femme, une chanteuse et un destin. Cette égérie du mouvement hippie, dévorant la vie, était un être plein de contradictions, avec un esprit subversif. Artiste bouleversante avec un charisme exceptionnel, une voix qui transperçait les cœurs, elle a eu une carrière fulgurante et a aussi porté les aspirations d’une époque.

La figure de Janis Joplin plane sur la nouvelle création de Paul Desveaux. « Son histoire est passionnante. Elle se déroule dans un contexte historique particulier. 1965-1971 sont six années assez extraordinaires qui ont produit des artistes incroyables. C’est une fenêtre sur la liberté. Dans notre monde actuel, il est intéressant d’interroger cette époque. Il y avait comme quelque chose de tout est possible. A côté de cela, il y a aussi quelque chose de très violent avec ce mélange d’amour et de trash, d’alcool et drogue ». Pearl n’est pas un biopic. « Cela n’a aucun intérêt. Il faut un regard critique ». D’autre part, « Janis Joplin est Janis Joplin. On ne peut pas l’imiter. La copie n’a aucun sens. Mais on a pillé dans sa bio ».

 

 

Après Pollock, Janis Joplin donc pour évoquer cette relation étrange entre intime et création. Paul Desveaux a à nouveau fait appel au talent de Fabrice Melquiot pour écrire cet objet théâtral et musical, Pearl, surnom de Joplin et titre de son dernier album. C’est une plongée dans un studio. Là, un groupe se retrouve pour enregistrer quelques chansons figurant sur le prochain album. « C’est l’endroit de la création, du rien, des crises, de la confession et de toutes les tensions ».

Sur scène, trois musiciens et Pearl, interprétée par Anne Cressent qui « d’une force incroyable et d’une fragilité dingue. C’est un mix que nous cherchons à rendre ». Avec le groupe, il y a l’ingénieur du son qui tente de mettre de l’ordre dans ce désordre et aussi Apricot, amante de Pearl, une femme black qui trouve sa place au milieu de ces artistes blancs.

Pearl est une tragédie contemporaine où l’atmosphère musicale s’accorde avec le rythme des mots.

 

 

  • Mardi 5, mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8 novembre à 20 heures au Volcan maritime au Havre.
    Tarifs : 10 €, 8 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com