photo Marion Paris

photo Marion Paris

Jamais un mouvement de trop ou pour rien. Tout doit avoir un sens avec Marion Motin parce que le mouvement doit créer une émotion et une image. Marion Motin, danseuse et chorégraphe, fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps. Elle a collaboré avec Madonna, Stromae, avec Christine and The Queens. Elle signe les chorégraphies de la comédie musicale Résiste. Marion Motin n’en oublie pas son crew, fondé en 2009, et un travail singulier autant sur le fond que sur la forme. Elle a commencé par la danse classique, puis classique, s’épanouit avec le hip-hop. Avec Les Swaggers, elle propose In The Middle, une pièce pour sept interprètes, mercredi 12 octobre à la scène nationale de Dieppe. Entretien avec la chorégraphe.

 

Votre danse est très libre instinctive. Comment vous êtes-vous affranchie des codes du hip-hop ?

J’ai osé sortir de mon univers. Je n’ai pas écouté ce que l’on me disait. J’ai fait ce que j’avais envie de faire. J’ai toujours été ouverte à la danse en général mais attachée au hip-hop, à sa philosophie, sa danse, sa musique. Je n’avais pas besoin d’avoir de codes spécifiques, d’être dans un style. Certes, j’ai beaucoup travaillé toutes les techniques. Pour moi, ce sont des outils qui me servent pour danser librement. En fait, on apprend, on digère et on crée.

 

Est-ce la musique qui a été votre guide ?

Je pense que c’est la musique. J’y suis très sensible. Quand j’entends de la musique, je danse. Pour moi, la danse reste un besoin corporel. Quand je suis contente, je danse. Quand j’ai mangé un très bon plat, je danse…

 

A chaque émotion, vous dansez.

Le corps est un vecteur d’émotion. Je pense que nous avons tendance à trop mentaliser les choses. Il doit y avoir un mécanisme d’autodéfense. On a besoin de tout comprendre et on sépare le corps du reste. Il faut se laisser traverser par les émotions. Nous sommes une machine bien faite. Le corps sait s’adapter.

 

Pour rechercher l’équilibre ? Comme le sous-entend le titre de votre pièce In The Middle.

Oui, il y a une notion d’équilibre. C’est la base de la pièce. J’évoque à la fois l’équilibre de manière large, un équilibre intérieur et extérieur. A chacun de le trouver. Je suis une femme et je me bats en tant que femme. Je dois vivre avec toutes mes émotions. Dans une vie, il y a des hauts, parfois des très hauts, et aussi des bas, des très bas. Il faut trouver son équilibre à soi, être en équilibre avec le reste du monde. Il y a autant d’équilibre qu’il y a d’individus.

 

 

 

 

Votre pièce a été créée pour sept interprètes. Comment êtes-vous parvenue à faire la somme de ces émotions différentes ?

Il y a beaucoup d’écoute, d’échange. C’est un travail collectif. Ma démarche peut être considérée comme égoïste. Je pars de mon vécu. Les danseuses m’aident ensuite à ouvrir le sujet. Je me nourris de leur interprétation. L’unité vient de ce qui nous lie, de l’envie d’être bien, de kiffer, de faire quelque chose de bien ensemble. Sur scène, nous sommes toutes habillées de la même manière. J’avais envie d’un côté neutre afin que chaque spectateur à la personne, à la personnalité de l’interprète.

 

Est-ce que In The Middle peut être un voyage initiatique ?

Au début, je suis partie de la notion de djihad qui est avant tout un combat intérieur pour trouver son équilibre. Il y a en effet cette histoire de combat à l’intérieur de tout ce qui se passe dans notre corps.

 

Quel sera votre prochain projet ?

Ce sera un solo. Je me lance dans un solo. Pour changer. Jusqu’à présent, j’ai toujours avec les autres. C’est quelque chose de nouveau.

 

Pourtant, vous avez participé à des battles. Vous êtes seule sur scène.

Oui mais ce n’est pas pareil. On participe à des battles avec un crew. Il y a toujours plusieurs personnes pour vous soutenir, pour vous encourager. Dans le solo, ce sera moi, seule, sur scène.

 

  • Mercredi 12 octobre à 20 heures à la scène nationale de Dieppe. Tarifs : de 23 à 10 €. Réservation au 02 35 82 04 43 ou sur www.dsn.asso.fr