Rachel RiesElle a un regard rêveur, un visage qui s’illumine lorsqu’elle rit aux éclats. Rachel Ries est une artiste américaine, originaire du Dakota du Sud. Dans ses albums, elle crée des univers indie-folk intimistes. Sa voix mélodieuse invite à la découverte d’espaces urbains et d’endroits si bucoliques. Sa musique, comme ses textes, sont empreints de foi, d’amour et de sincérité. Depuis un mois, Rachel Ries est à Rouen pour écrire les chansons de son prochain album. Un retour pour la chanteuse américaine qui était venue donner deux concerts en novembre dernier pour présenter Ghost of a gardener. Interview.

 

 

Vous avez entamé un vrai périple en voiture en Europe. Vous vous êtes arrêtée à Rouen pendant un mois pour écrire de nouvelles chansons. Pourquoi Rouen ?

Déjà, j’aime beaucoup conduire. Je trouve cela très plaisant. Pour écrire le nouvel album, je cherchais une ville moyenne, silencieuse avec de jolis endroits. Je ne voulais pas m’installer à Paris. Je me suis souvenue de Rouen. J’ai envoyé un message à l’équipe d’Europe and Co lui demandant si elle ne connaissait pas un lieu où je pourrais écrire. La réponse a été positive. Je suis dans un nid douillet où j’ai écrit quatre chansons.

 

Vous préférez pourtant la campagne. Pourquoi avez-vous choisi une ville ?

J’aime bien aussi être en ville. Quand on écrit, quand on peint, on a besoin d’être nourri de la vie qui nous entoure. Cela donne de l’énergie. C’est aussi plus facile pour vivre au quotidien.

 

Quels endroits appréciez-vous tout particulièrement à Rouen ?

J’aime beaucoup la terrasse du Citizen Coffee. Je vais souvent dans les jardins de l’hôtel de ville. Je reste dans cet endroit et je sens une énergie positive qui monte en moi. J’adore l’abbatiale Saint-Ouen qui se trouve juste à côté. Là, je me sens toute petite, humble.

 

Y avez-vous rencontré des fantômes ?

Peut-être…

 

 

 

Votre musique est une dentelle soyeuse. Quel est votre processus d’écriture ?

Je ne peux tirer des généralités. Parfois, les musiques s’écrivent très facilement, voire instinctivement. D’autres fois, je dois travailler, chercher intensément. Avant tout, je recherche l’émotion. Et je fais en sorte que le public éprouve cette même émotion. Pour les textes, c’est la même chose. Les mots arrivent avec la musique. Je pense que la chanson était en moi avant l’écriture.

 

Il y a toujours beaucoup de mélancolie dans vos chansons. Pourquoi ?

C’est dans ma nature. Je suis en effet mélancolique. La vie n’est pas toujours très gaie. Quand le ciel est bleu, quand je suis bien entourée, je peux être très heureuse.

 

Est-ce que l’actualité influence votre état d’esprit ?

Tout le temps. Je m’informe régulièrement chaque jour. Quand je vois les gens se tirer dessus, je suis très triste. D’autant que je ne peux rien faire contre cela.

 

Que ressentez-vous lorsque vous écrivez ?

De la curiosité, je crois. Je découvre une histoire et cela doit me procurer de la satisfaction.

 

Et quand vous chantez ?

Quand je chante, c’est comme une méditation. Mais je ne suis pas ailleurs. Je suis vraiment là avec le public, juste très ouverte et en paix.