Suzane a enchaîné les dates durant toute cette année 2019. Et la tournée n’est pas terminée. D’autant que la jeune femme dans sa combinaison bleu nuit sort son premier album, Toï Toï, le 24 janvier 2020. En attendant, elle est en concert mardi 3 décembre au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Suzane — Océane Colom a emprunté le prénom de son arrière-grand-mère — a vite conquis le public avec des titres comme L’Insatisfait ou encore SLT. Pour en arriver là, Océane Colom, passionnée de chanson française réaliste fait de la danse classique, lâche tout pour devenir serveuse et observer le monde. Une période essentielle pour celle qui découvre en même temps l’electro. Suzane chante les maux de sa génération et les travers de la société. Entretien.

Est-ce que vous avez rêvé cette vie, comme vous le chantez ?

Oui, je l’ai rêvée depuis mon plus jeune âge. Je regardais Mylène Farmer avec ses danseurs. Je me souviens : j’étais gamine devant la télé. Elle me fascinait. C’est l’artiste qui m’a le plus marquée et qui m’a donné envie de faire ce métier. À 7 ans, j’ai commencé par la danse. C’était de l’éveil. Puis, j’ai intégré le conservatoire.

Est-ce que cela permet de ne pas avoir de regrets ?

Je pense que oui. Il faut assumer les choses. Les regrets, c’est terrible. Je n’ai pas du tout envie de cela. Je ne voulais pas me voir dire à 40 ans : j’aurais dû suivre mon rêve de gamine, d’adolescente. Alors, j’ai pris mon courage à deux mains.

Est-ce qu’il vous en a fallu beaucoup pour quitter Avignon et venir à Paris ?

Oui mais ma passion est devenue quelque de vital. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que je pouvais pas faire ce métier. J’avais de la force en moi. Mes proches m’ont aussi donné cette force. Il y a eu tout de même des moments de grand doute. C’est ce qui a fait que j’ai pu avancer.

Vous pratiquez la danse depuis l’enfance. Est-ce que s’exprimer avec le corps est plus facile que s’exprimer avec la voix ?

L’expression avec la voix est quelque chose que j’ai découvert à 14 ans. Jusqu’à cet âge, je m’exprimais uniquement avec le corps. Je ne pouvais pas chanter. Je me cachais derrière mon corps. Cela a été tout un cheminement, pris du temps. J’ai commencé à chanter entre deux cours de danse, dans les vestiaires. Puis, j’ai poussé la chansonnette, comme beaucoup sous la douche. Il y avait Piaf, Brel, Barbara. J’apprenais leurs chansons par cœur. Les mots sont arrivés par la suite. Depuis, je ne peux plus m’en passer.

Pourquoi Piaf, Brel ou Barbara ?

Avec leurs chansons, je me suis rendu compte de ce que j’aimais. Ils racontent des histoires, décrivent leur époque. En les écoutant, j’arrive à me projeter dans leur quotidien. Je suis très à l’aise dans cet exercice. J’aime raconter des histoires.

Pour être comme un témoin d’une époque aussi ?

Exactement. Quand j’ai commencé à travailler, j’étais serveuse. J’ai servi beaucoup de clients, les mêmes et aussi des personnes différentes. C’était mon quotidien. J’ai croisé tous ces gens qui sont dans mes chansons. Je parle aussi de l’actualité qui me heurte, comme la rue, le harcèlement… J’ai envie de prendre la parole. C’est ancré en moi.

Comment êtes-vous passée du classique à l’electro ?

Ce fut un vrai choc. J’écoute encore pas mal de musiques electro aujourd’hui. Je trouve qu’il y a une puissance dans cette musique. Elle donne envie de danser. Elle peut être fédératrice.

Est-ce que vous aimez flemmarder ?

Oui, j’aime ça. Quand j’étais au conservatoire, on nous sollicitait toujours. On a fait une dose de travail complètement dingue. Pour moi qui suis un peu rebelle et qui avait tendance à me reposer sur mes lauriers, c’était difficile. C’est bien de flemmarder. La flemme permet une ouverture à toutes les émotions. C’est bien de se poser pendant une demi-journée pour réfléchir. Cela permet d’avancer.

Quelle est la suite ?

J’attends avec impatience la date de sortie de l’album. C’est très important pour moi. Ce sera un bel objet. J’ai adoré le préparer.

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