Rémi Checchetto en résidence au centre hospitalier du Rouvray

photo : DR

Le centre hospitalier du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen a accueilli en résidence pendant l’automne l’auteur Rémi Checchetto. Le temps d’écrire des portraits, de mener des ateliers avec les patients et de commencer la rédaction d’un livre.

« J’attendais une telle résidence dans un centre psychiatrique depuis longtemps ». Rémi Checchetto a passé quatre mois au centre hospitalier du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen. Et quatre mois, « c’est un cadeau considérable » pour tout d’abord écrire des portraits. Un exercice auquel il s’adonne de manière régulière. « Cela m’a ouvert les portes de l’hôpital. Les personnes se sont dit : ce type-là s’intéresse à l’humain alors on peut l’adopter ». Pendant son séjour, il a écrit cent portraits de soignés, de soignants et autres salariés du CHR.

Ces échanges ont permis de nouer des liens avec les patients et de susciter une envie. « Celle que je vienne et que je fasse des choses avec eux. Tout s’est construit dans le temps. L’action culturelle a ainsi commencé de cette manière et tout a été fabriqué ensemble. On parle du mot culture mais je l’associe au mot couture. On parle par exemple de trame aussi bien pour un texte que pour un tissu. Tout s’est en fait très bien imbriqué ». Rémi Checchetto.

« Ils ne font pas semblant de dire »

Lors de cette résidence, l’écrivain et poète a mené divers ateliers avec les adultes et les adolescents. « Dans un groupe, je fais en sorte que chaque personne se sente bien. Avant l’écriture, il y a la rencontre. Certes tous écrivent mais ils écrivent au groupe et aux soignants. Nous sommes là dans la connaissance de l’autre. Cela a évidemment une incidence sur le regard porté sur les uns et les autres. Lors des ateliers, ils sont tous au rendez-vous pour se raconter et ils ne font pas semblant de dire. Après, il y a la lecture. C’est fantastique parce qu’il y a aussi l’invention du lecteur ». Pour valoriser ce travail, Rémi Checchetto a eu l’idée d’une grande fresque de textes collée sur les murs des bâtiments du centre hospitalier.

Autre travail pendant la résidence : l’écriture d’un livre, Un Caillou sur la mer, pour les éditions Les Carnets du dessert de lune. Rémi Checchetto va et vient entre le théâtre et la poésie. L’un, « c’est quasi une récréation. Il me faut entre deux et trois mois pour écrire une pièce. Quand je commence à écrire, je suis prêt. Un recueil de poésie me demande entre deux et trois ans. Avec la poésie, on écrit l’aventure et l’aventure de l’écriture, c’est la poésie. On lâche et on voit ce que ça donne ».

Cette poésie, Rémi Checchetto sait la mettre en voix lors de performances. « C’est le travail des mots qui fait qu’il y a du sens et du rythme. Le corps est là quand j’écris. C’est la pensée qui parle ». Il la partage avec divers musiciens dont Louis Sclavis, clarinettiste et saxophoniste. 

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