Ludovic Louis : « la trompette, c’est une continuité de moi »

Photo : Stéphane Kerrad

Plusieurs noms sont attachés au sien. Ludovic Louis a accompagné de nombreux artistes, notamment Lenny Kravitz et The Black Eye Pies. Il a croisé la route de Damien Chazelle qui lui confie le rôle d’un musicien dans The Eddy et lui propose de participer à la bande originale de son film, Babylon. Autant de rencontres avant de se lancer dans son projet musical. Le trompettiste a sorti un premier album, Rebirth. Un événement marquant pour celui qui est né au Havre. Dans cet album, il a mis ses diverses influences, allant de la soul au funk en passant par la musique caribéenne. Il sera en concert samedi 3 février à La Cidrerie à Beuzeville. Entretien.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans la trompette, l’objet en lui-même ou le son ?

C’est un tout. Cependant, la sonorité m’a beaucoup touché. Je me souviens encore de mon professeur, Alain Loisel, qui avait fait une présentation de l’instrument. Je me suis dit : ça, c’est un facteur sonore. Et j’ai ressenti beaucoup d’émotions.

Est-ce que la trompette est un instrument qui se laisse facilement découvrir ou dompter ?

Oui, il se fait facilement découvrir parce qu’il possède des sonorités intéressantes. En revanche, il ne se laisse pas du tout dompter. Il demande de nombreuses années de pratiques pour parvenir à jouer un joli morceau. Dans cet apprentissage, il ne faut rien lâcher. Il ne faut jamais se décourager. J’ai commencé la musique par le piano mais j’ai préféré la trompette. J’aurais pu aussi choisir un instrument plus facile, la guitare. J’écoutais pas mal de trompettistes et de sections de cuivres et je voulais avoir cette même vitesse d’exécution.

Comment appréhendez-vous aujourd’hui la trompette ?

La trompette, c’est une continuité de moi. Elle me permet d’exprimer tout ce que je ressens. Elle est une partie intégrante de ma vie. J’adore ces moment que je prends pour en jouer.

Quelles ont été les étapes pour trouver votre son ?

Le son s’est construit au fil des années. J’ai toujours essayé de jouer avec ce que j’ai à l’intérieur de moi. C’est une voix que je porte.

Est-ce que composer un premier album est un grand pas à franchir ?

Non parce que j’ai toujours voulu écrire ma musique. Cet album a demandé beaucoup de temps parce que j’ai écrit et réécrit plusieurs titres dont je n’étais pas satisfait. Mais, à un moment donné, il faut s’arrêter.

Est-ce que ce premier est une photographie de vous ?

Je voulais que cet album me corresponde au mieux. J’y ai mis toutes mes influences, tout ce que j’ai pu écouter, appris et formé en tant que musicien. C ‘est tout mon univers qui est à l’intérieur de cet album. C’est pour cette raison qu’il y a du jazz, du funk, de la soul, de musique caribéenne, du rock…

Avez-vous pensé au deuxième album ?

Le deuxième album est terminé. Un premier single, Give Me Some Living, sortira la 14 février. Il y a des similitudes avec le premier et aussi des nouveautés.

Allez-vous poursuivre dans le cinéma ?

Oui, j’aimerais bien. J’adore ça. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer la comédie. Le cinéma est très complémentaire de la musique. Et il y a quelques ressemblances dans le jeu. Quand on est dans un studio, on enregistre un morceau plusieurs fois. Sur un plateau de cinéma, on répète les scènes jusqu’à trouver la bonne prise.

Le cinéma est-il une source d’inspiration pour vous ?

Oui, c’est une source d’inspiration. Petit, j’allais écouter l’orchestre d’harmonie de la ville du Havre qui interprétait des musiques de films. J’adorais ça et cela a bercé ma jeunesse. Ce sont davantage les sons qui me parlent.

Vous avez grandi au Havre, vous habitez aux États-Unis, vous tournez dans de nombreux pays. Comment les lieux vous influencent ?

Les lieux ont une grande influence sur moi. À Los Angeles, il y a une énergie. Elle est différente à New York. Quand je peux je retourne en Martinique. Au Havre, c’est plus posé. Je suis sûr que je composerais différemment dans chacune de ces villes.

Vous parlez peu de musique classique.

J’en écoute, moins aujourd’hui. Je n’ai encore eu l’occasion de faire ce mélange. Je pense que ce serait une beau mélange. Comme j’aimerais jouer ma musique avec un orchestre symphonique.

Infos pratiques

  • Samedi 3 février à 20h30 à La Cidrerie à Beuzeville
  • Tarifs : 17 €, 14 €
  • Réservation au 02 32 57 72 10 ou sur www.lacidrerie.beuzeville.fr