/

Entendre « La Parole de l’eau » aux AnthropoScènes

photo : Raphaël Caputo

L’édition 2024 des AnthropoScènes fait entendre La Parole de l’eau. Théâtre, musique, danse, cirque, cinéma et rencontre sont au programme du festival du Tangram qui se tient au 13 au 26 mai à Évreux et dans l’Eure.

Juste une seule bouteille remplie d’eau… Celle-ci sera vite l’objet de convoitise. La personne qui la possèdera la gardera jalousement. Quand il est question de survie, il n’y a plus de partage. Dans Yé ! (L’eau), les onze artistes du Circus Baobab, collectif de l’Afrique de l’Ouest, rivalisent de performances pour tenter de boire une seule gorgée. À travers le jonglage, la danse, l’acrobatie, ils racontent une urgence : les changements climatiques et la pénurie de l’eau avec les conséquences dramatiques sur la nature et la vie humaine.

C’est un point de départ, aussi beau qu’évident, des AnthropoScènes. Pour son édition 2024, le festival du Tangram a choisi comme thème, La Parole de l’eau. L’eau, « c’est un sujet qui s’est imposé à nous, remarque Valérie Baran, directrice du Tangram. Selon l’OCDE, 40 % de la population mondiale sera confrontée à une pénurie d’eau. Il est important de donner à voir, à entendre, à réfléchir, à comprendre la problématique liée à l’eau ». Lors des AnthropoScènes, ce sera à travers une programmation pluridisciplinaire, des rencontres et des débats avec des artistes, des scientifiques, des chercheurs, des représentants des peuples-racines.

Des crapauds, des loups, des requins…

La quantité d’eau n’a pas variée sur Terre. En revanche, sa qualité s’est fortement dégradée. Il sera alors abordé l’usage de l’eau et ses impacts, la vie des crapauds, du cœlacanthe et des requins, le droit aux rivières, les incidences de la pollution sur la faune et la flore aquatiques, un éventuel retour à l’âge de glace. Cédric Villani contera L’Aventure de la mise en mathématique de l’eau, depuis le XVIIIe siècle jusqu’aux rapports du GIEC. Jorge Quilaqueo, chaman mapuche du Chili et un machi de l’eau qui tente de maintenir « le lien sacré avec l’énergie cosmique de l’eau et sa relation avec la Terre » donnera une cérémonie de l’eau.

Baptiste Morizot et Pauline Ringeade emmèneront Pister les créatures fabuleuses et David Wahl, dans La Vie profonde. Il faudra tendre l’oreille avec Étienne Saglio pour écouter Le Bruit des loups. Frédéric Ferrer poursuivra l’exploration de son Atlas de l’anthropocène. Simon Gauchet et Martin Mongin reviendront sur le mystère de La Grande Marée pour trouver la mythique Atlantide. La Bande à Léon surfera sur La Mer de Poséidon en caddie. La Traversée présentera les Enfants sauvages. Avec William N’Sondé, Vincent David et les élèves du conservatoire d’Évreux, le Quatuor Habanera narrera une autre légende de Noé. Ce sera enfin Les Yeux fermés avec Félicia Atkinson et Diane Barbé, un concert donné à la lueur des étoiles et de la lune dans un endroit fabuleux, la filature Levavasseur.

Infos pratiques

  • Du 13 au 26 mai à Évreux et dans l’Eure
  • Programmation complète en ligne
  • Réservation au 02 32 29 63 32 ou sur www.letangram.com