Le Nouveau Théâtre populaire aime les défis. Comme jouer trois pièces de Molière avec chacune, son décor, ses costumes et son metteur en scène mais une même troupe. Le Ciel, la nuit et la fête réunit Le Tartuffe, Dom Juan et Psyché, un spectacle chaque soir présenté du 22 au 24 janvier, et les trois à la suite samedi 25 janvier au Théâtre de Caen. Émilien Diard-Detœuf a choisi la seconde.
« Molière est un monument et nous le craignions. Il y avait comme une méfiance. Il est tellement proche de nous et du théâtre que l’on pratique ». Depuis la création de son festival à Fontaine-Guérin en Maine-de-Loire, en 2009, le Nouveau Théâtre populaire est venu une seule fois à l’auteur et dramaturge du XVIIe siècle avec Le Misanthrope. « Molière reste un auteur controversé, un héros national méprisé, victime de l’étiquette de comique populaire. Pourtant, il a marqué son époque et a créé une galerie de personnages incroyables. Il nous fait réfléchir sur notre rapport à la famille, la vérité et l’au-delà », remarque Émilien Diard-Detœuf, comédien et metteur en scène.
Dans le cadre du 400e anniversaire de la naissance de Molière, le Nouveau Théâtre populaire s’est à nouveau « frotté » à Molière et à « sa langue immédiatement théâtrale » pour l’édition 2021 du festival et a mis en scène trois pièces, Le Tartuffe, Dom Juan et Psyché, qui seront présentés du mercredi 22 au samedi 25 janvier au Théâtre de Caen.
Un désir de liberté
Émilien Diard-Detœuf a choisi Dom Juan. « C’est une pièce énigmatique, difficile à appréhender et une figure extrêmement inspirante. Nous pouvons en faire ce que nous voulons. Dom Juan est un homme insaisissable, épris de liberté qui va à l’encontre de son siècle ». Dans sa mise en scène, sur un plateau nu, Émilien Diard-Detœuf questionne un désir absolu de liberté. « Dom Juan use de cette liberté et en souffre. Cela le pousse à transgresser et à abimer le monde autour de lui. Il est dans l’abus des autres, dans la cruauté, dans la violence et détruit tout ».
S’en réjouit-il ? Émilien Diard-Detœuf répond par l’affirmative. « Oui, il jouit mais cette jouissance est un moteur qui tourne à vide. Dom Juan est un homme qui voyage sans bouger. Cette jouissance, sans règle, sans éthique, est condamnable. En fait, il cherche la limite et il souffre de ne pas rencontrer de limites ». Le Dom Juan de Molière, un seigneur libertin, séduit, corrompt et se moque. « Il est visité par des personnages qui sont de passage et viennent se confronter à lui avant de disparaître ». Il y a un dernier échange avec le Commandeur, symbole de la puissance divine, qui l’envoie dans un ailleurs.
Infos pratiques
- Le Tartuffe : mercredi 22 janvier à 20 heures. Durée : 1h50. Tarifs : de 27 à 8 €
- Dom Juan : jeudi 23 janvier à 20 heures. Durée : 1h45. Tarifs : de 27 à 8 €
- Psyché : vendredi 24 janvier à 20 heures. Durée : 1h40. Tarifs : de 27 à 8 €
- L’intégrale de la trilogie : samedi 25 janvier à 15h30. Durée : 6h45 dont deux entractes de 30 minutes et de 1 heure. Tarifs : de 47 à 10 €
- Spectacles au théâtre de Caen
- Réservation au 02 31 30 48 00 ou en ligne
