Des murmures au clavicorde

photo : Caroline Bazin

Après la découverte du clavicorde, un instrument rare, Antoine Berland, un des Vibrants défricheurs, a exploré son instrument, composé un répertoire, donné des concerts — il sera les 2 et 3 octobre au festival Pour Les Oiseaux au Havre — et enregistré un album, Ouate ! avec neuf titres et autant de promenades surprenantes dans des décors sonores très colorés.

« C’était un doux rêve ». Ce rêve, c’était celui tout d’abord de trouver un clavicorde puis d’en explorer les sonorités. Antoine Berland a découvert un peu par hasard cet ancien instrument, peu connu, chez un luthier alors qu’il était en résidence à Falaise. Pendant plus d’une année, le pianiste, un des Vibrants défricheurs, a exploré cet ancêtre du piano. Les particularités : le clavicorde est un petit objet qui se porte sous le bras. « C’est un instrument d’intimité, indique Antoine Berland. Il a un son tout petit mais il est très expressif ».

Pour entendre le clavicorde, il est conseillé de bien tendre l’oreille. « Il faut inventer un nouveau rapport au public ». Le musicien rouennais a multiplié les concerts chez l’habitant et dans de petits endroits avec des spectateurs disposés en cercle. Si l’instrument transforme le mode d’écoute, il impose aussi un changement dans la manière de jouer. « Tout est plus petit. J’ai dû m’adapter. Il faut être méticuleux. Pour jouer juste, il est préférable de très peu bouger. De plus, à peine j’appuie que je touche la corde », explique Antoine Berland. Quant à la composition, le clavicorde « pousse à aller vers le minimalisme et retourner à la mélodie ».

Après un apprentissage, le pianiste a percé les secrets de son instrument et écrit un répertoire, se laissant inspirer par ses douces sonorités et divers styles de musiques. Après les concerts, voilà l’album, Ouate !, illustré par Paatrice Marchand, avec neuf titres dont un arrangement du Concerto à la mémoire d’un ange de Berg. Antoine Berland explore les sonorités et les moindres recoins du clavicorde. Il a composé neuf univers sonores, tels des murmures, empreints de joie, de fragilité, de mélancolie et d’humour, et enregistrés dans une grange au festival d’Uzeste, dans la chapelle de Bénouville et dans la forêt, non loin de Bourg-Achard, où s’invitent le vent et les oiseaux.

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