La scène musicale havraise, toujours vivante

photo : Melissa Askew / Unsplash

Le CEM fait sa rentrée. Jusqu’au 28 septembre, celle-ci est festive avec sa Pole Party qui accueille pas moins de 50 groupes. Cet événement marque toute la vitalité du secteur des musiques actuelles au Havre, un constat réitéré par Sandrine Mandeville, directrice du CEM et co-présidente de Norma, et de Boris Colin, directeur du Tetris.

« Nous avons voulu prendre le pouls ». Tout va plutôt bien même s’il peut montrer quelques faiblesses. Le temps d’une journée, avec des professionnels du secteur, Sandrine Mandeville et Boris Colin ont souhaité dresser un diagnostic des musiques actuelles au Havre. Premier constat de la part de la directrice du CEM et co-présidente de Norma : « La scène est toujours vivante. Il y a plein de groupes au Havre. Depuis deux ans, nous voyons aussi des artistes venir s’installer au Havre ». Il faut ajouter tout un vivier de techniciens, issus notamment de la formation du CEM. Le directeur du Tetris a remarqué « un tissu associatif d’une telle richesse, que ce soit dans le hip-hop, l’électro, le rock sous toutes ses formes ».

Cette effervescence, elle se vivra lors de la Pole party du CEM qui se tient jusqu’au 28 septembre.  Cette effervescence aussi, elle se nourrit certes d’une scène éclectique et foisonnante, « d’un engagement et d’un militantisme », mais également d’une histoire, écrite notamment par Little Bob, Roadrunners, City Kids, Fixed Up, Médine, Ness & Cité… « Il y a une histoire forte et singulière depuis l’après-guerre au Havre. Et ce, par sa géographie, sa proximité avec l’Angleterre… Le punk est vite arrivé ici. C’est une scène qui a marqué les esprits », rappelle Boris Colin.

Mais, pour Sandrine Mandeville, « nous n’avons pas capitalisé sur cette histoire ». « Il y a quinze ans de retard sur la diffusion, les lieux d’expression. On n’a pas surfé sur le potentiel existant et les points forts ont disparu. Cependant, les choses se renouvellent et s’entretiennent », indique le directeur du Tetris. Quelles sont les solutions ? « Cela passe par la pédagogie, une action culturelle, une transmission et une structuration des carrières artistiques. Des élèves viennent chez nous depuis vingt ans. Le CEM est leur espace, leur endroit pour s’épanouir. Nous le savons, jouer de la musique en cette période, c’est compliqué et risqué », explique la directrice du CEM. Autre action : repérer les besoins qui « sont dans l’édition, les labels, les tour supports ». 

Des idées

Alors « maintenant, c’est à nous de jouer. Nous devons être force de propositions et être incitatifs sur les politiques publiques ». Sandrine Mandeville et Boris Colin ont plusieurs idées. « Nous pouvons être des accompagnateurs. Il faut entretenir une émulation entre les groupes, entre les gens qui veulent organiser des choses. Il faut d’autres spots, d’autres lieux de diffusion plus ou moins structurés. Nous ne pouvons pas avoir le monopole ». « Il y a des possibles à expérimenter ensemble afin que les publics circulent dans nos structures. Aujourd’hui c’est plus fluide et il y a une volonté de créer des synergies ». D’autant que « les musiques actuelles ont peu de moyens. Il faut donc faire collectivement ».

Pour la directrice et le directeur, « c’est un temps de questionnements sur les musiques actuelles et la pérennité de nos structures ». Néanmoins, ils gardent cette conviction sur l’utilité sociale de leur secteur. « Un concert, ce sont des gens qui se retrouvent, partagent des émotions. Nous sommes ce petit noyau de sensible qui fait du bien. C’est d’autant plus important aujourd’hui ». Les réflexions sont en cours.

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