Bastien Devilles au Clos des fées

Photo : Simon Souchois

Bastien Devilles ne peut dissocier la musique du cinéma. Alors ses chansons, écrites avec Brigitte Giraud, prennent la forme d’un court métrage. Entouré de six musicienne et musiciens, il sera en concert vendredi 10 octobre au Clos des fées à l’issue d’une résidence.

« Être musicien, c’est un chemin ». Sébastien Souchois l’a emprunté à l’adolescence. À cette époque, il rêvait d’être un musicien de jazz, même Charlie Parker. Ce premier rêve, le saxophoniste l’a réalisé avec diverses formations. Il a ensuite bifurqué vers d’autres directions, notamment celle vers la composition de musique de films et de documentaires, vers l’arrangement et l’accompagnement d’actrices et d’acteurs lors de lectures. 

Sur cette route, il a croisé l’écrivaine Brigitte Giraud, prix Goncourt 2022 pour son roman Vivre vite. Elle lui a écrit des chansons. « Aujourd’hui, nous sommes davantage dans la coécriture. Il y a beaucoup d’allers et retours entre nous. Brigitte m’a donné cette permission d’écrire ». Sébastien Souchois le confie : « je suis très intimidé par les mots. Sûrement parce que je suis très fasciné par les acteurs qui disent des mots. C’est très impressionnant pour moi ». Pour alléger ce poids, il s’est choisi un pseudo, Bastien Devilles.

Dompter la voix

Sébastien Souchois avait un autre rêve : devenir chanteur. « Le chant, c’est un drôle de truc. Il me permet de retrouver la sensation de mes 16 ou 17 ans et mes envies de musique. L’autre nouveauté : avec ce projet, je me suis mis à la guitare électrique. Je rebosse mon instrument tous les jours. C’est réjouissant. Tout cela me réinvente à 50 ans. Mais je n’aurais pas réussi tout seul. Brigitte m’a aussi donné cette permission de chanter ». 

Bastien Devilles dompte alors sa voix. « C’est très long à travailler. Lorsque l’on chante, il faut savoir ce que l’on veut. D’autant que l’on veut toujours devenir le chanteur que l’on n’est pas. Comme je ne serais jamais David Bowie, je vais être quelqu’un d’autre. Il faut faire ce chemin qui vous amène entre la voix rêvée et la voix réelle. Aujourd’hui, j’ose. Je me permets plus de choses ».

En résidence avec Lucas Valéro, à la basse, Cédric Vincent, à la batterie, Teona Kharadze et Hervé Walczak, au violon, Patrick Dussart, à l’alto, et Anaël Rousseau, au violoncelle, Bastien Devilles est en concert au Clos des fées à Paluel où il travaille sept nouveaux titres avant de donner un concert vendredi 10 octobre. Dans les chansons où il affirme une pop mélodieuse, le musicien garde la dimension cinématographique qui lui est si chère pour évoquer la place de l’homme, les déserts à traverser, les peurs… La vie, en fait.

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