Les voix et le violoncelle dialoguent dans une forêt imaginaire. Un lieu, tel un refuge, pour parler de l’adolescence à travers un répertoire de reprises dans lequel Rosemary Standley et Dom La Nena, les Birds On A Wire, se promènent en toute liberté pour rêver, éveiller des souvenirs et des émotions. La chanteuse et la violoncelliste interprètent au pied d’un arbre alors que se succèdent des événements mystérieux. Birds On A Wire est en concert mardi 14 octobre au théâtre à Coutances, mardi 31 mars à la chapelle Corneille avec L’Étincelle et samedi 4 avril à la scène nationale de Dieppe.
Pour ce concert, vous avez demandé à Étienne Saglio, le magicien, de concevoir un décor. Y a-t-il de votre part une volonté de raconter une histoire ?
Pour la première fois, il y a sur scène un décor et quelques tours de magie. Nous sommes dans un univers qui renvoie à l’enfance avec des chansons que nos parents écoutaient. Nous sommes d’ailleurs parties d’un répertoire qui parle davantage de l’adolescence. La forêt évoque tout un imaginaire. Nous nous sommes approprié ce paysage d’automne mais sans volonté de raconter une histoire.
Est-ce que la forêt est un endroit que vous aimez tout particulièrement ?
J’adore. J’habite près de Rennes, non loin de la forêt de Paimpont. À l’automne, il y a toutes sortes de couleurs et d’odeurs. Il y a une espèce d’humus et une odeur d’humidité qui remonte et se mêle à celle des feuilles.
Est-ce un lieu inspirant pour vous ?
Oui, pour plusieurs raisons. La forêt m’évoque les contes, les croyances et tous les mystères qui vont avec. En Bretagne, il y a les croyances celtiques avec entre autres l’histoire de Merlin. Par ailleurs, dans la forêt, il y a toute une vie inconnue et invisible. Que se passe-t-il quand personne n’est là ? Comment les arbres communiquent entre eux ? C’est fascinant. En fait, on n’est jamais seul. C’est un lieu habité. Nous sommes entourés d’arbres et d’animaux qui se cachent. Il y a une conscience au fait que l’on soit là. Aussi, en forêt, on prend un bain de nature. On peut s’aérer et se retrouver. On va y trouver un sens à nos vies qui sont trop agitées.
Pourquoi avez-vous choisi cette thématique de l’adolescence ?
Cela fait quelques années que nous intégrons divers morceaux dans notre répertoire. Il y a comme une forme de cohérence. J’ai eu une sorte de révélation lors de lecture de poèmes d’Arthur Rimbaud. Beaucoup de chansons résonnaient. Rimbaud est celui qui parle le mieux des premiers émois, des premières sensualités… Par ailleurs, la forêt est un lieu de passage, de transition. Comme l’adolescence. Elle est aussi un refuge.
Que signifie pour vous s’approprier un répertoire ?
Nous continuons sur la même lancée selon une évolution logique. En fait, nous traitons les morceaux comme des créations. Nous voulons leur apporter un autre éclairage, un autre regard. Nous essayons, nous testons, nous improvisons. Avec cependant une limite que pose le violoncelle.
Est-ce que vous improvisez sur scène ?
C’est rare mais cela arrive. Comme Dom se boucle, cela implique un respect de la structure du morceau. C’est la même chose pour les harmonies de voix. Quand il n’y a pas de boucle, nous avons plus de liberté. À force de jouer le même morceau, nous avons envie de le transformer. Cela fait partie du jeu.
Considérez-vous le violoncelle comme une troisième voix ?
Il prend en effet la place d’une troisième voix. Dom joue du violoncelle comme d’un instrument accompagnateur. Tout s’entremêle dans les harmonies de voix et on ne sait plus qui accompagne qui.
