Une vie de création entre Paris et Marseille

Quand Monsieur Pagnol écrit, le petit Marcel patiente en rêvant / photo : Wild Bunch Distribution

Avec Marcel et Monsieur Pagnol, Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville, fait revivre une figure importante de la vie culturelle française au siècle dernier. Le film, soutenu par Normandie Images, qui sort dans les salles de cinéma mercredi 15 octobre.

Après Diane Kurys qui filme Signoret et Montand dans Moi qui t’aimais, après Richard Linklater qui suit Godard et sa bande dans Nouvelle Vague, voici Sylvain Chomet qui nous fait redécouvrir un homme et un artiste dans Marcel et Monsieur Pagnol. Par le biais du film d’animation, le réalisateur des Triplettes de Belleville (César du Meilleur film et Oscar du Meilleur film d’animation en 2004) fait revivre non seulement le cinéaste mais aussi, l’enfant, l’enseignant, l’écrivain, le scénariste, le producteur. De fait, il est toujours bon de rappeler que Marcel Pagnol n’est pas seulement l’auteur de La Gloire de mon père et du Château de ma mère, ni même seulement le père de Topaze, de La Femme du boulanger ou de Manon des sources… c’est aussi surtout une personnalité marquante de la culture française du XXe siècle. 

Le prétexte du film est simple : alors qu’il est à l’apogée de sa carrière, la rédactrice en chef d’un grand magazine féminin commande à Marcel Pagnol, un feuilleton littéraire dans lequel il pourrait raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… Le sujet ne semble pas passionné Pagnol qui a du mal à se mettre au travail. C’est alors qu’apparaît — et c’est la bonne idée du film — le petit Marcel enfant, et c’est à travers cet échange entre les deux Marcel que leurs souvenirs revivent sous nos yeux.

« On voit souvent mon grand-père comme un enfant ou un vieux monsieur au pied des collines, témoigne son petit-fils Nicolas Pagnol. C’est bon de rappeler qu’il a été Académicien, qu’il a présidé la SACD (Société des Auteurs et compositeurs dramatiques, ndlr) qu’il a défendu bec et ongles le film sonore, qu’il n’a jamais collaboré avec les Nazis. C’était aussi un agriculteur, un homme d’affaires, un patron de presse. » Laurent Lafitte prête sa voix à ce touche-à-tout génial : «  C’est un vrai rôle de composition car on ne connaît pas vraiment la voix de mon grand-père. Quand j’ai su que c’était lui, j’ai été rassuré. Il est très fort, à la fois fin et précis », se réjouit Nicolas Pagnol.

Les dessins de Sylvain Chomet nous emmènent à Paris où il a enseigné, à Marseille, où il a créé un grand studio de cinéma pour entrevoir le premier film parlant. En donnant vie au réalisateur, on revoit avec émotion les acteurs qu’il a croisés comme Fernandel, Raimu qui ont marqué notre enfance. Finalement, après Nouvelle Vague, Marcel et Monsieur Pagnol, c’est encore une page de cinéma qui nous est offerte. Il faut savoir en profiter.

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