Partie est un échange de lettres entre un fils, sur le front de la Première Guerre mondiale, et sa mère. Tamara Al Saadi a construit cette pièce de théâtre à partir des correspondances de soldats et de bruitage pour une immersion dans l’univers sonore du conflit. La compagnie La Base joue du 13 au 15 novembre au théâtre des Deux-Rives à Rouen avec le CDN de Normandie-Rouen.
Louis est vendeur de mouron. Il vit seul dans un quartier populaire du XIIe arrondissement de Paris avec sa mère, Éliane. Il a 19 ans — 20 ans dans deux mois. Suffisant pour être mobilisé et envoyé sur le front. Là-bas, pris dans les rouages d’une machine idéologique pendant la Première Guerre mondiale, il lui écrit pour lui transmettre des nouvelles et rapporter les discours officiels. Louis est le personnage de Partie, une pièce de théâtre de la compagnie La Base, présentée du 13 au 15 novembre au théâtre des Deux-Rives à Rouen.
Tamara Al Saadi est une passionnée d’histoire depuis son adolescence. « Quand on m’a proposé d’inviter un artiste d’une autre discipline que la mienne. J’ai pensé à Éléonore Mallo, créatrice sonore. M’est alors venu en tête l’épisode de la Première Guerre mondiale. Je me suis souvenue de mes cours et de ma lecture d’À L’Ouest rien de nouveau (un ouvrage d’Erich Maria Remarque, ndlr). Cette guerre est devenue complètement abstraite. On parle beaucoup de la Seconde Guerre mondiale qui est une référence à certains égards. Mais la Première Guerre mondiale est la première de l’ère industrielle et une machine terrifiante. J’ai voulu la saisir avec une équipe de femmes sur scène ».
400 lettres
Dans Partie, l’autrice et metteuse en scène a souhaité rendre aux Poilus « leur honneur. Ce sont des quidams. Les noms des héros de la Guerre que nous connaissons ne sont pas ceux qui sont allés combattre. Ceux-là sont de jeunes gens, des pères de famille qui ont essayé malgré tout de garder leur humanité ».
Tamara Al Saadi a alors lu environ 400 lettres de soldats de diverses régions et religions pour écrire la correspondance entre Louis et sa mère. « Les lettres sont les seuls moyens de communication avec les familles. Ce sont des traces fortes. Louis raconte et répète surtout ce que disent les généraux. Il n’a pas d’avis parce qu’il est aliéné par la violence de la guerre, le broyage de l’innocence. Il est dans l’incompréhension car on le force à avoir un comportement inhumain. Tous devaient se mettre de la haine dans les yeux ».
Pour la metteuse en scène, raconter le front, c’est aussi entendre les bruits effrayants de la guerre. Ceux qui ont engendré notamment l’obusite, une maladie qui cause des tremblements. Tamara Al Saadi et Éléonore Mallo ont imaginé un univers sonore, reconstitué en direct, qui percute la part intime de Louis.
Infos pratiques
- Jeudi 13 et vendredi 14 novembre à 20 heures, samedi 15 novembre à 18 heures au théâtre des Deux-Rives à Rouen
- Durée : 1 heure
- À partir de 11 ans
- Tarifs : de 15 à 1 €
- Réservation au 02 35 70 22 82 ou en ligne
- Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
