Arnaud Delmarle, de retour au Grain à démoudre

photo : DR

Arnaud Delmarle a été un des jeunes organisateurs du Grain à démoudre. Désormais réalisateur et installé dans le sud-est de la France, il ouvre le festival avec son court-métrage, Big Boys Don’t Cry samedi 15 novembre à l’espace culturel de la pointe de Caux à Gonfreville-l’Orcher. Retour à un évènement cinématographique et dans une région qu’il connaît bien.

Son passage au Grain à démoudre a bien évidemment influencé son parcours. À 13 ans, Arnaud Delmarle a suivi sa grande sœur. Il est devenu membre de l’association. C’est là que l’envie de réaliser des films s’est concrétisée. « Je n’avais pas une grande culture cinématographique. Je faisais des petits courts métrages. À l’asso, j’ai vu beaucoup de films. Nous sommes allés dans des festivals. Je me souviens au Grain avoir vu des films coups de poing, d’autres qui me faisaient rire et pleurer. Avec le recul, j’ai compris que c’était la meilleure chose que le Grain m’a apporté. Il faut voir beaucoup de films avant d’en tourner. Cela m’a aidé à en écrire ».

Arnaud Delmarle a quitté la Normandie pour Marseille où il a terminé ses études et rencontré Léa Oury, scénariste. Ensemble, ils ont écrit et tourné Big Boys Don’t Cry, le « premier film produit dans de bonnes conditions ». Ce court métrage ouvre la nouvelle édition du festival Du Grain à démoudre qui se tient samedi 15 novembre à l’espace culturel de la pointe de Caux à Gonfreville-l’Orcher.

Big Boys Don’t Cry raconte les retrouvailles entre Hicham, parti pendant trois années pour une formation militaire, avec sa bande de copains. Dans le petit village, près de Marseille, les jeunes hommes enchainent les soirées et les journées à la plage. Avec ce film, Arnaud Delmarle a souhaité « parler de la fierté émotionnelle et de la difficulté à exprimer des sentiments. C’est difficile pour les hommes de pleurer. En écrivant, nous avons pensé à nos colocs, nos frères, nos cousins, nos pères, nos amis. De plus, dans un groupe, il n’est pas simple d’être soi ».

La chaleur du sud de la France vient aussi assécher les émotions. « Elle a infusé notre écriture » et imposé des silences. « Nous avons supprimé des dialogues pendant le tournage. J’ai répété aux comédiens : c’est une question de silence et de regard. Il n’y a pas une obligation de se parler ». Ce qui trouble les relations entre ces garçons qui ont grandi ensemble et gardé une part d’insouciance.

30 jeunes

Ils sont trente jeunes, âgés de 12 à 25 ans. Tous sont les organisatrices et organisateurs du Grain à démoudre qui se tient du jusqu’au 23 novembre dans quatre villes, Gonfreville-l’Orcher, Le Havre, Montivilliers et Harfleur. Accompagnés par William Tasse et Lucas Ripouteau, ils ont imaginé cette nouvelle édition du festival de cinéma durant cette année.

C’est donc leur événement. « Pour eux, c’est très fort émotionnellement. Il y a beaucoup de sérieux chez eux. Leur fragilité et leur force les maintiennent en alerte », remarque Lucas Ripouteau. Une année pour apprendre à se connaître, se forger un regard, se découvrir une cinéphilie, élaborer une programmation avec des fictions, des documentaires, des films d’animations… 

Le groupe se retrouve pendant une année les week-ends et lors de trois universités, arpente les festivals et visionne environ mille films. Pour ce Grain à démoudre 2025, il a choisi la thématique du monstre. À travers, « ils abordent la question du genre, leurs angoisses d’adolescents, la quête d’identité et de repères. Il y a aussi des échos à l’actualité », précise William Tasse. Au programme : une compétition officielle avec cinq longs métrages à voir en avant-première, une deuxième avec des courts métrages et une troisième pour les scolaires et le public. Il faut ajouter des séances avec des montres, des coups de cœur, des documentaires et pour les enfants.

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