Aime Simone : « le concert est une expérience qui permet de se libérer »

Chaque album d’Aime Simone est une exploration sonore pour construire une ambiance électro-pop propice à l’introspection. REV, le troisième, est le chemin emprunté par un personnage dans un univers crépusculaire pour tenter de trouver une lumière et une légèreté. Seulement trois lettres pour parler de révolte dans ce monde étrange. Aime Simone est en concert samedi 29 novembre au Tetris au Havre. Entretien.

Comment avez-vous abordé l’écriture de cet album, REV ?

Il y avait l’envie de créer un concept album, d’avoir une ligne directrice pour aller explorer des choses différentes. Avec Sonja Fix, nous avons posé le cadre d’une histoire. Nous avons choisi l’univers de la science-fiction, que nous connaissons bien, avec des robots, des figures christiques, mythologiques. Je voulais écrire pour des personnages qui expriment des émotions sincères.. Je pense que REV est l’album le plus expérimental. Il est aussi lié aux problèmes de santé que j’ai eus pendant la phase d’écriture. J’avais très mal au dos. À 18 ans, j’ai subi une opération de la colonne vertébrale. J’ai dû gérer la douleur et c’était compliqué. Mais cela a ajouté une forme de tension qui se retrouve dans l’histoire.

Dans REV, vous opposez les contraires. Ce qui crée des conflits intérieurs.

C’est ça. Dans cette histoire, les robots ont créé un paradis artificiel, promis aux humains qu’ils sont capables de produire des émotions. Ils vont alors construire des usines à émotions. Or, il y a un piège. Dans ce monde, tout est très binaire, avec le bien d’un côté, et le mal de l’autre. Et tout commence à perdre sens.

Sur la pochette de l’album, noire, vous ajoutez juste un losange rouge et une fleur de lys à l’envers. Quelle est la signification ?

Le rouge, c’est la passion, l’amour, le feu. Cette couleur a plein de significations. Et le noir, c’est le deuil. Quant à la fleur de lys, c’est le symbole de l’ordre établi. Je la place à l’envers pour signifier le fait qu’il faille mettre fin aux dogmes. C’est le symbole de la révolte.

Avec les trois lettres choisies pour le titre de l’album, il est possible de former plusieurs mots. Lesquels avez-vous choisi ?

Oui, c’est la première syllabe des mots comme revanche, révolution, révélation, rêve aussi. C’était intéressant de travailler autour de cela. En anglais, le verbe to rev up veut dire faire rugir un moteur. C’est l’accélération que l’on donne à un engin motorisé. Cela représente l’énergie globale de l’album et la frénésie, la force que l’on déploie pour se battre, pour se libérer contre l’oppresseur.

À quel moment dans la phase d’écriture sont arrivés tous ces mots ?

Ils sont arrivés très tôt. Je voulais que ce soit les thèmes des chansons. J’avais écrit une forme de scénario. C’est intéressant d’écrire des chansons indépendantes d’une réalité. Elles sont comme une collection de nouvelles qui projettent dans un film surréaliste de science-fiction.

Dans cette histoire, votre personnage se révolte parce qu’il se bat contre ses démons. Votre voix change. Pourquoi ?

Il fait face à ses démons. Je me suis laissé influencer par le rap et ma voix est en effet plus grave. En fait, mon personnage commence à perdre la raison et à tuer les robots avant de s’exiler. Je me suis demandé ce que l’on pouvait apprendre de soi et de l’humanité dans ces moments-là. Il n’y a pas vraiment de morale mais j’ai voulu apporter une dimension profonde et existentielle.

Comment votre personnage a imposé l’univers musical de cet album ?

J’ai toujours eu une palette très large dans la création. Je peux écrire une chanson très pop un jour, une autre plus électro le lendemain. Cela peut partir dans tous les sens mais j’ai trouvé une forme de cohérence. Dès le début de la composition de REV, il y avait une évidence : je voulais aller plus loin dans le côté urbain, rap et punk mais sans perdre ma fibre pop. Je voulais que la musique soit généreuse. Ce fut intéressant de trouver un juste milieu. Pas un compromis mais une cohérence.

Comment cet univers se déploie sur scène ?

C’est le meilleur moment pour le faire vivre, le point culminant où tout prend sens. Il y a une énergie et une présence physique. Le show est très haut en énergie. Le concert est une expérience qui permet de se libérer de quelque chose.

Infos pratiques

  • Samedi 29 novembre à 20 heures au Tetris au Havre
  • Première partie : Agathe Plaisance
  • Tarifs : 24 €, 20 €
  • Réservation au 02 35 19 00 38 ou en ligne
  • Des places sont à gagner
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