Une vie de bohème comme en 1830

photo : Jean-Louis Fernandez

C’est dans une ambiance bouillonnante ressentie à Paris dans les années 1830 que David Geselson installe La Bohème. L’opéra de Puccini est présenté au Théâtre de Caen du 8 au 12 février par l’orchestre et le chœur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine.

David Geselson a abordé La Bohème de Giacomo Puccini (1858-1924) par la musique. « Je suis un amoureux de la musique. Là, je l’ai écoutée comme on lit un texte. J’ai aussi beaucoup, beaucoup discuté avec Marta Gardolińska (à la direction musicale lors de la création, ndlr) pour apprendre en terme de rythmes et de nuances. Comme je ne suis pas musicien, j’ai réalisé comme une étude ». Le metteur en scène a avant tout été touché par la partition du compositeur italien, « puissante et émouvante ». Quant au livret, écrit par Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, il l’a exploré en effectuant quelques détours. « Il était très compliqué de le mettre en scène parce que nous sommes là dans un patriarcat très caricatural ».

Interprété par l’orchestre et le chœur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine, la Maîtrise et la Scuola de Caen, dirigés par Sebastian Beckedorf, La Bohème, œuvre bouleversante, est une histoire d’amitié et d’amour dans un contexte social de misère. Elle se déroule en 1830 à Paris où vivent, dans une mansarde et avec très peu de moyens, quatre amis, Rodolfo, le poète, Marcello, le peintre, Schaunard, le musicien, et Colline, le philosophe. Rodolfo, un homme jaloux, tombe amoureux de Mimì, sa voisine, et Marcello, de Musetta. Les moments de dispute alternent avec les soirées de fête. Or Mimì, une ouvrière atteinte d’une tuberculose, ne parviendra pas à guérir et va s’éteindre. Rodolfo s’effondrera.

« Deux figures féminines puissantes »

Dans cette Bohème, David Geselson place au centre de l’histoire Mimì et Musetta. « Elles sont deux figures féminines puissantes. En 1830, être une femme de 20 ans qui a survécu à deux ans de famine, il fallait être costaud. De plus, elles sont bouleversantes. Musetta aspire à une liberté et elle fait tout pour la conquérir dans ce monde d’hommes. La liberté se vit aussi en amour. Il y a ce désir-là. Cela questionne la place de la femme et celle d’un couple. C’est très aigu ».

Dans sa mise en scène, David Geselson connecte les personnages de La Bohème à la société qui les entoure. « On observe une puissance des conflits et cela résonne avec leur vie intime. En 1830, se déroulent plusieurs mouvements révolutionnaires. Le peuple de Paris dégage Charles X et voit arriver Louis-Philippe qui veut être le roi des Français. C’est une première dans l’histoire de la royauté. Par ailleurs, en Europe, il y a une aspiration à la république et à une libération des peuples du joug des empires ». David Geselson s’empare de la création artistique de l’époque, autant des peintures, des romans que de la poésie. 

Avec La Bohème de Puccini, David Geselson, auteur d’un théâtre de l’intime, entre fiction et réalité, signe ainsi sa première mise en scène d’opéra. Il a répondu de manière positive à l’invitation de l’Opéra national de Nancy-Lorraine. « J’étais loin de l’univers de l’opéra. Je suis d’abord un acteur, un auteur qui met en scène ses textes. Pour la première fois, j’ai dû écrire une mise en scène. C’est un grand cadeau. J’ai adoré ce travail. Il y a une exigence technique et artistique. Je suis tombé amoureux de l’opéra ». David Geselson ne cache pas son désir de renouveler cette expérience.

Infos pratiques

  • Dimanche 8 février à 15h30, mardi 10 et jeudi 12 février à 20 heures au Théâtre de Caen
  • Durée : 2h30
  • Représentation en audiodescription dimanche 8 février
  • Tarifs : de 66 à 10 €
  • Réservation au 02 31 30 48 00 ou en ligne
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