L’amour, avec ses passions et ses désillusions

Photo : Natalia Yaskula-Esquerré

Après Shakespeare, Tchekhov. La Compagnie du hasard objectif s’empare de La Mouette, une pièce revisitée par Marguerite Duras. Juste cinq personnages pour évoquer les passions et les désillusions dans cette farce. Comme Une Mouette est présenté du 3 au 5 mars au théâtre des Deux-Rives avec le CDN de Normandie-Rouen.

Sara Llorca interroge de manière régulière les textes du théâtre classique. « Que doit-on en faire ? Comment résonnent-ils aujourd’hui ? Ils dépeignent les êtres humains, leurs relations à la vie, à l’amour, à la mort. Pour ces grands poètes, ce sont des questions brûlantes ». Pour l’autrice et metteuse en scène, aussi. Après Le Roi Lear de Shakespeare, Sara Llorca revisite avec sa Compagnie du hasard objectif La Mouette de Tchekhov. « L’histoire se moque des artistes. Donc, nous nous moquons de nous-mêmes. Cela permet de garder une certaine humilité ». D’autant plus après avoir entendu que le monde culturel ne faisait pas partie des choses les plus essentielles dans une vie.

Sara Llorca puise dans l’adaptation de Marguerite Duras qui « entretient un dialogue avec Tchekhov. Elle dit que la pièce est ratée, que les artistes sont égocentriques et qu’elle veut tailler dans le texte. Duras, qui est une grande écrivaine, nous a donné un élan à couper dans la pièce » qui devient Comme Une Mouette, présentée du 3 au 5 mars au théâtre des Deux-Rives à Rouen. 

« Quatre peintures »

Là, seulement cinq personnages joués par quatre comédiennes et comédiens, Sara Llorca, Antonin Meyer Esquerré, Emma Prin, Adrien Guiraud, et un musicien, Benoît Lugué. Irina, une actrice célèbre, voit passer sa jeunesse. Nina, elle toujours jeune, rêve de gloire et tombe amoureuse d’un auteur, Boris, plein de charme, très prisé mais désenchanté. Constantin, le fils d’Irina, reste l’écrivain révolté qui a perdu sa muse et sa raison de vivre. Il reste Sorine, toujours à l’écoute de Boris.

« Les quatre personnages principaux sont quatre peintures. C’est comme s’ils s’amusaient à se raconter à travers eux-mêmes. Les deux femmes subissent les états d’âme des deux hommes. Elles sont les victimes parce qu’elles sont sous le joug, le feu et l’orage des hommes. Néanmoins, elles ont une liberté. Elles ne sont pas des groupies. Elles ne sont pas dans la séduction. Elles aiment. Elles sont brillantes et veulent faire une carrière. Nous avons mis en lumière leur désir d’émancipation. Ce désir de liberté fait écho à celui des femmes d’aujourd’hui. Ces femmes sont assez avant-gardistes », commente Sara Llorca.

Dans Comme Une Mouette, ce sont deux générations qui dialoguent et s’affrontent aussi. Les sujets ne manquent pas. Comme l’amour. Les personnages s’aiment mais se déchirent. S’ajoute à cela un mélange d’admiration et de jalousie. Mais la comédie se terminera par un drame.

Infos pratiques

  • Mardi 3 mars à 20 heures, mercredi 4 mars à 19 heures, jeudi 5 mars à 20 heures au théâtre des Deux-Rives à Rouen
  • Durée : 1h30
  • Tarifs : de 15 à 1 €
  • Réservation au 02 35 70 22 82 ou en ligne
  • Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
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