Au Théâtre de Caen, le mois de mars commence avec Le Poème harmonique. L’ensemble normand, fondé par Vincent Dumestre, pare la salle des couleurs de Venise. Avant le magnifique Carnaval baroque, le Nisi Dominus de Vivaldi, il crée du 3 au 5 mars L’Avare de Gasparini.
Parmi toutes les belles pages musicales découvertes par Vincent Dumestre, il y a L’Avare de Francesco Gasparini. Le compositeur italien (1661-1727) « écrit dans le style de la comédie. Sa musique est très illustrative et contient beaucoup d’humour. L’Avare est une œuvre légère qui a cependant une certaine sensibilité, une profondeur et une dimension spirituelle », remarque le fondateur du Poème harmonique. Comme pour toutes les autres partitions, Vincent Dumestre s’est donné du temps. « Il faut découvrir les clés d’une œuvre et tout son potentiel avant de pouvoir l’interpréter au mieux. »
C’est chose faite. Le Poème harmonique présente les premières représentations de L’Avare de Gasparini du 3 au 5 mars au Théâtre de Caen lors d’une semaine italienne. Un peu plus de vingt ans après le sublime Bourgeois Gentilhomme, l’ensemble revient au comédien et dramaturge français du XVIIe siècle. « C’est une autre manière d’aborder l’esthétique de Molière par le prisme de l’opéra. Cet Avare est une œuvre rare. L’intermezzo est une forme lyrique peu connue » qui a la particularité d’être courte avec une intrigue resserrée, peu de personnages et une formation musicale restreinte. Autre singularité : Antonio Salvi, le librettiste, emprunte des traits de caractère aux figures de la commedia Dell’Arte, comme Pantalone, Colombina et Arlequine.
L’histoire de L’Avare est connue. Celle de Gasperini et de Salvi reste un conflit de générations et de classes. Fiammetta, une jeune femme pauvre, a la bonne idée de s’inventer un frère jumeau, Fichetto, pour tromper Pancrazio, un voisin, sexagénaire, trop radin, qui a répudié son serviteur, Valletto. « Fiammetta est une femme drôle, intelligente et va parvenir à ses fins : épouser Pancrazio et lui prendre son trésor », indique Vincent Dumestre. Pour y parvenir, elle devra mettre en place plusieurs stratagèmes. Ce qui va créer quelques scènes comiques. Dans cet Avare, mis en scène par Théophile Gasselin, c’est une femme qui mène l’intrigue.
Une semaine vénitienne
Des liens forts se sont tissés entre Le Poème harmonique et le Théâtre de Caen au fil des saisons. La formation normande s’y installe pendant dix jours pour l’illuminer des lumières de Venise. Vincent Dumestre le promet : « ce sera une grande fête vénitienne » et l’occasion de voir une image différente de cette ville à l’histoire foisonnante. Au programme : trois propositions artistiques avec L’Avare de Gasparini, l’inoubliable Carnaval baroque sur les musiques de Monteverdi, Fasolo, Malletti et Kapsberger et avec des artistes virtuoses. Cette semaine se terminera avec le Nisi Dominus de Vivaldi, une œuvre, composée en 1716, empreinte de spiritualité.
Infos pratiques
L’Avare
- Mardi 3, mercredi 4 et jeudi 5 mars à 20 heures au Théâtre de Caen
- Durée : 1h15
- Tarifs : de 38 à 10 €
Le Carnaval baroque
- Samedi 7 mars à 18 heures, dimanche 8 mars à 15h30 et lundi 9 mars à 20 heures au Théâtre de Caen
- Durée : 1h25
- À partir de 8 ans
- Tarifs : de 38 à 10 €
Nisi Dominus
- mardi 11 mars à 20 heures à l’église église Notre-Dame de la Gloriette à Caen
- Durée : 1 heure
- Tarifs : de 38 à 10 €
- Réservation au 02 31 30 48 00 ou en ligne
