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Les nouveaux modèles de l’entreprenariat culturel

photo : Normandie Livre & lecture

L’entreprenariat culturel n’est pas une composante nouvelle dans le secteur mais cette notion interroge davantage depuis quelques années. Normandie Livre & lecture lui consacre une journée lundi 23 mars au Cargö et au Dôme à Caen. Le forum commence par une intervention de Renaud Garcia-Bardidia, professeur en Études culturelles à l’Université de Lorraine.

Renaud Garcia-Bardidia s’est penché sur l’entreprenariat culturel, un modèle économique qui pourrait étonner dans un tel secteur. Pourtant, il est très répandu et le phénomène n’est pas récent. Le professeur en Études culturelles à l’Université de Lorraine définit l’artiste comme un entrepreneur parce qu’il « prend des risques dans une économie incertaine. La qualité de sa proposition artistique est incertaine. La réaction du public est aussi incertaine. Tout artiste qui essaie de promouvoir sa production se retrouve dans un position d’entrepreneur. D’autre part, tout artiste qui produit est rarement seul. Il constitue une équipe pour amener son œuvre jusqu’au public. »

En revanche, ce qui est nouveau, c’est l’intérêt que portent les institutions publiques. Renaud Garcia-Bardidia constate : « la notion a émergé progressivement dans les discours politiques avec la montrée du libéralisme et à un moment où les subventions viennent à ne plus augmenter voire à ne pas être reconduites. » Lors du Forum Entreprendre dans la culture en Normandie qui se tient lundi 23 mars au Cargö et au Dôme à Caen, Renaud Garcia-Bardidia évoquera en ouverture de cette journée les points de tension et les conséquences dans un éco-système fragile.

Avec l’ESS

L’entreprenariat culturel a un poids économique important. « Les industries culturelles sont un enjeu majeur pour le gouvernement actuel. C’est un fleuron parce qu’elles pèsent des milliards d’euros. On trouve des entités différentes. Il y a de très grandes entreprises, comme les majors dans la musique, et tout un tissu de très petites entreprises, de PME et d’associations qui ont ces fonctions d’entreprise au sens d’entreprendre », rappelle Renaud Garcia-Bardidia. 

Quel est alors le rôle des institutions publiques ? Si l’enveloppe des aides tend à diminuer, celles-ci mettent en place divers dispositifs pour « accompagner et réguler. Cela permet de former les gens, de les aider dans leur montage de structure et de leur apprendre à trouver un marché. » Dans ce secteur émerge un autre modèle. « Les expérimentations les plus intéressantes viennent de l’économie sociale et solidaire. Il y a une reconfiguration de la pensée. On pense l’entreprenariat dans la culture en se demandant ce qu’il fait dans la culture. Ce qui aboutit à une standardisation. On oublie de regarder ce que la culture peut faire à l’entreprenariat. Cela permet de faire émerger d’autres types de structures avec une réflexion sur la gouvernance, la mutualisation des des ressources et les emplois partagés. »

Comme les lieux alternatifs qui se sont ouverts ces dernières années. « Ils sont apparus comme une solution pour animer un territoire, rapprocher les structures culturelles du public. La difficulté a été de trouver le public. C’est là où le modèle s’est heurté. » Lors du Forum Entreprendre dans la culture en Normandie, il sera notamment question de territoire où les acteurs culturels mènent divers projets dans les milieux ruraux.

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