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Le destin croisé de migrants en quête d’espoir

Photo : Tommaso Gallinaro

Quand des papillons volent du nord au sud, des réfugiés font le chemin inverse. Tous poursuivent le même objectif : survivre. Dans Monarques, Emmanuel Meirieu raconte ces deux périples dangereux à suivre les 28 et 29 avril au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly avec le CDN de Normandie-Rouen, les 5 et 6 mai au Volcan au Havre et le 21 mai au Cadran à Évreux pendant le festival des AnthropoScènes.

C’est une constante dans le travail d’Emmanuel Meirieu. L’auteur et metteur en scène du Bloc opératoire part toujours d’un fait réel et coud sur mesure les histoires à des comédiens et comédiennes. Lorsque Simon Delétang, directeur du Théâtre de Lorient, lui propose d’écrire un spectacle itinérant dans le Morbihan avec un des artistes associés, Julien Chavrial, également parapentiste, il cherche un événement en lien avec ce sport et découvre le périple de Benjamin Jordan. Le Canadien, originaire de la région des grands lacs, a constaté une forte diminution de la population des monarques. Il décide alors d’accompagner en parapente les papillons lors de leur migration jusqu’au Mexique. 

« C’est 3 200 kilomètres. Ces papillons de seulement 5 grammes traversent un continent, trois pays et un bras de mer. C’est la migration la plus longue et cela fait 2 millions d’années que cela dure. Personne ne sait comment les monarques trouvent chaque année le chemin. Tout est parti de là. » Ce même chemin, des hommes et des femmes d’Amérique du Sud l’empruntent en sens inverse sur La Bestia, un train de marchandises de 150 wagons, pour aller jusqu’aux États-Unis. « C’est une des traversées les plus dangereuses. Quand les migrants montent, ils peuvent perdre un bras, une jambe. Dans la jungle, la végétation écorche leur chair. Et les narcotrafiquants les attrapent avec des lassos pour les exploiter. »

Du courage et de l’espoir

Emmanuel Meirieu a alors « une intuition poétique. Il y a une métaphore à explorer. Le papillon représente la figure de ceux qui luttent. » L’auteur entame des recherches. « Je me noie volontairement dans la documentation. À moi ensuite de trouver un geste de fiction. » Il écrit tout d’abord Sur L’Aile d’un papillon pour Julien Chavrial et développe son propos dans Monarques, une pièce jouée les 28 et 29 avril au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly, les 5 et 6 mai au Volcan au Havre et le 21 mai au Cadran à Évreux lors des AnthropoScènes.

Avec Monarques, Emmanuel Meirieu aborde la question migratoire en lien avec « le désordre du monde et le dérèglement climatique qui déterminent une réalité. » Le spectacle commence par un film, tel un prélude, sur les papillons. Sur scène, une douzaine de marionnettes et trois personnages, deux migrants, l’un haïtien, l’autre mexicain, et un parapentiste, qui se découvrent lors de leur traversée autour de cette Bestia. « J’aime les décors généreux. Ce sont des monuments aux oubliés », indique Emmanuel Meirieu qui salue avec son théâtre visuel et sensible le courage de ces migrants empreints d’espoir.

Infos pratiques

  • Mardi 28 avril à 20 heures, mercredi 29 avril à 19 heures (représentation en audiodescription) au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly. Tarifs : de 20 à 1 €. Réservation au 02 35 70 22 82 ou en ligne
  • Mardi 5 mai à 20 heures, mercredi 6 mai à 19 heures au Volcan au Havre. Tarifs : 25 €, 22 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou en ligne
  • Jeudi 21 mai à 20h30 au Cadran à Évreux. Tarifs : de 20 à 10 €. Réservation au 02 32 29 63 32 ou en ligne
  • Durée : 1h40
  • À partir de 11 ans
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