Repéré par l’Association pour la création et l’émergence dans les arts chorégraphiques (ACEAC), Georges Labbat présente lundi 4 mai lors des Journées Émergences chorégraphiques au Shed à Maromme et au musée des Beaux-Arts à Rouen sa deuxième pièce, WHIP, un solo dans lequel il détourne le symbole du fouet.
Pour Georges Labbat, la danse est arrivée par hasard. Dans sa famille, les enfants devaient choisir une activité culturelle et sportive. « J’ai tout essayé. Aucune ne me convenait », se souvient-il. Au lycée, il s’inscrit à l’atelier de danse et découvre alors « des prédispositions naturelles. J’étais à l’aise. Je prenais du plaisir. Il est vrai que j’ai toujours bien aimé danser lors des soirées avec mes parents. »
Georges Labbat entame ensuite un parcours chorégraphique. Non pas pour s’amuser mais pour devenir danseur professionnel. Il entre au conservatoire à Paris, poursuit sa formation à l’école P.A.R.T.S. d’Anne Teresa de Keersmaeker à Bruxelles. Durant la formation, le plaisir s’efface. « Dès la première année, l’enjeu était devenu autre. Tout était très compétitif. Il y avait avant tout le travail et la technique. Le plaisir était secondaire. » Il revient lors de collaborations avec Boris Charmatz, Gisèle Vienne… Il revient aussi lors de l’écriture de pièce.
Les arts plastiques et le cinéma aussi
À l’école, Georges Labbat part déjà à la recherche de sa danse. Pour le jeune chorégraphe, « la création commence par des lectures qui apportent de la matière intellectuelle, des réflexions assez conséquentes et l’écriture de mots avant de passer au studio. » Premier thème abordé : la violence. « Je me suis demandé comment traiter ce sujet aujourd’hui. Nous sommes dans un monde si conflictuel. »
Self/Unnamed évoque le rapport à la domination. Le duo avec une statue de résine, inspiré des écrits de Masoch, arrive en réponse à une pièce participative de trois heures et demi, One Could. Dans WHIP, un solo présenté lors des Journées Émergences de l’ACEAC, il est question de conflit. Georges Labbat s’est nourri des textes de Michel Foucault et de Georges Bataille pour imaginer cette performance avec un fouet.
Georges Labbat qui a installé sa compagnie en Normandie à Bellême n’est pas seulement danseur et chorégraphe. Il est également plasticien. « C’est arrivé par la force des choses. La sculpture fait office de scénographie. Je porte un intérêt grandissant aux arts plastiques. » Sans oublier le cinéma avec deux projets de film en cours dont une fiction. « J’aime la dimension visuelle et narrative. Je pense que ma danse est influencée par le cinéma. » L’œuvre de Georges Labbat se construit dans un va et vient entre différentes pensées et plusieurs médiums artistiques.
