Avec Recalls, Lukas Persyn attire l’attention sur les anciennes tours hertziennes, tels des vestiges. C’est une des cinq installations qui sont à découvrir jusqu’au 10 mai à Caen pendant le festival ]Interstice[.
Des fantômes ! C’est de cette manière que Lukas Persyn perçoit les ondes électromagnétiques. « Ce sont des fantômes techniques avec lesquels nous cohabitons. Cela pose aussi une question sanitaire parce qu’il y en a en grande quantité. Néanmoins, elles forment des paysages gigantesques mais invisibles. » L’invisible, avec tous ses mystères et sa magie, est un des sujets abordés par ce plasticien basé à Rennes.
Cet ancien élève de l’école supérieure d’arts appliquées et du textile à Roubaix et de l’école européenne supérieure d’arts de Bretagne le développe en portant un regard sur les infrastructures qui s’insèrent dans l’environnement et interagissent avec nos vies. Lukas Persyn a écrit un mémoire sur l’architecture de ces équipements dédiés à la communication. C’est la partie théorique. « Dans ma pratique artistique, j’ai voulu donner un visage moins froid de la technologie et du numérique. Il n’y a pas que le côté modernité et innovation. »
Depuis trois ans, il mène divers projets. Pour le festival ]Interstice[ qui se déroule jusqu’au 10 mai à Caen, il présente aux Écuries, pôle culturel Lorge, Recalls, une installation d’une forêt de tours artisanales. Lukas Persyn est tout d’abord allé capter à Jersey, au Mans, à Rennes et dans le Nord des ondes électromagnétiques qu’il parvient à faire circuler entre les antennes. Grâce à deux sources de lumière, des faisceaux vont d’une tour à une autre, chacune étant munie d’une pièce en verre différente qui tourne comme des girouettes. Tout cela crée des effets optiques. Le public est emmené dans une boucle de 16 minutes où apparaissent des spectres et se succèdent des éclipses. Hypnotique !
Infos pratiques
- Jusqu’au 10 mai, tous les jours de 14 heures à 18 heures aux Écuries, pôle culturel Lorge à Caen
- Entrée libre
