L’histoire par le prisme d’une famille

Dans la famille d’Ahmed (Amir El-Massy, au centre), rien ne semble plus important que la victoire de leur équipe de foot  / Photo : Maverick Distribution

Abu Bakr Shawky raconte sa famille et son pays, l’Égypte, à travers une histoire d’amour. C’est Notre Histoire : chroniques du Caire, présenté récemment aux Journées romantiques de Cabourg et au cinéma mercredi 1er juillet. 

Le réalisateur égypto-autrichien Abu Bakr Shawky n’est pas encore bien connu du public français. Pourtant, il n’en est pas à ses débuts puisque Yomeddine, en compétition à Cannes en 2018, a représenté l’Égypte aux Oscars du Meilleur film en langue étrangère. Avec Notre Histoire : chroniques du Caire, il nous invite à vivre cinq époques représentant des moments clés de l’histoire de l’Égypte, au sein d’une famille cairote. Car son film est une histoire d’amour mais aussi une histoire de famille.

De fait, c’est d’abord une famille que Abu Bakr Shawky filme avec amour : une famille qui ressemble à la sienne lorsqu’il était enfant. Son héros, Ahmed (Amir El-Masry), pianiste passionné, a bien du mal à s’imposer dans un clan qui ne vibre que pour le foot. Ce jour-là, Ahmed reçoit une lettre en provenance d’Autriche. Liz (Valerie Pachner) a répondu favorablement à son annonce pour devenir sa correspondante.

Une vie rythmée par les matchs de foot

Quoi de mieux qu’une histoire d’amour pour nous intéresser à l’histoire d’un pays… Abu Bakr Shawky filme les longs mois d’échanges épistolaires jusqu’à ce qu’Ahmed obtienne une bourse pour étudier à Vienne. Liz découvre alors son Omar Sharif. Ils tomberont amoureux et Liz viendra s’installer auprès d’Ahmed et de son envahissante mais chaleureuse famille.

Avec eux, leurs amis, leurs voisins, leurs collègues, le spectateur vit les temps forts de l’Égypte — la guerre des Six jours, les soulèvements, la corruption, les coups d’état, l’assassinat de Sadate, la guerre du Kippour. Mais les drames, aperçus grâce à quelques images d’archives, se jouent en arrière plan, faisant penser que ce sont les matchs de foot perdus qui impactent le plus le moral des uns et des autres…  

On ne s’ennuie pas avec cette famille haute en couleurs. Une famille que l’on observe à travers le regard bienveillant de Liz, elle qui s’est aisément adaptée à sa nouvelle vie, malgré les rêves contrariés et le chaos de l’histoire avec un grand H.

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