Un western à la sauce coréenne

Il arrive tout de même que le cinglé, Yoon Tae-goo, (Song Kang-Ho), nous fasse peur… / Photo : Jockers films

Avec Le Bon, la brute et le cinglé, au cinéma mercredi 15 juillet, le réalisateur coréen Kim Jee-Woon rend hommage à Sergio Leone rendu célèbre par ses westerns spaghetti.

Près de quarante ans après Le Bon, la brute et le truand de Sergio Leone, sorti en 1966, le Coréen Kim Jee-Woon en proposait sa version très personnelle. Vingt ans plus tard et pour le plus grand bonheur des cinéphiles, ce western asiatique ressort cette semaine. L’occasion de revoir Le Bon, la brute et le cinglé qui mérite d’être apprécié sur grand écran.

Kim Jee-Woon nous renvoie en Mandchourie, dans les années 1930. Park Do-won (Woo-Sung Jung), chasseur de prime au regard noble — le bon, ou presque —, Park Chang-yi (Lee Byung-Hun ), tueur à gages au regard glaçant — la brute, c’est le moins qu’on puisse dire — et Yoon Tae-goo, (Song Kang-Ho, bien avant Parasite), un voleur au regard malicieux — le cinglé, ça, c’est sûr —sont tous trois à la recherche d’un trésor, et surtout d’une carte indiquant son emplacement. Celle-ci passe de main en main en fonction de péripéties tumultueuses filmées avec talent. C’est le point de départ d’un western qui ne manque pas d’actions spéculaires : braquage de train, bagarre dans un bar, course poursuite dans un désert, explosion dans une mine… 

Une leçon d’histoire

La mise en scène énergique, les plans rapprochés sur les visages et les yeux, les séquences mouvementées et tout particulièrement le duel final, sont autant de clins d’œil au cinéma de Sergio Leone. De plus, la musique n’est pas sans rappeler celle d’Ennio Morricone.  

C’est aussi une leçon d’histoire rappelant le rôle du Japon en Corée, lorsque son armée se prépare à envahir la Mandchourie en 1931. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un riche banquier japonais à qui le cinglé vole la fameuse carte au trésor. Quant aux interventions de l’armée japonaise dans le désert, elles nous valent des poursuites infernales où les blindés ne l’emportent pas toujours sur les chevaux.

Certaines batailles peuvent paraître un peu longues, mais au final, on ne regrette pas d’avoir accompagné dans leurs aventures ces trois antihéros au comportement aussi inquiétant que loufoque. À vous de voir ou revoir…

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