Aloïse Sauvage incarne l’intrépide sirène de Pauline Brunner et Marion Verlé, héroïne de Miss Mermaid. Ce premier long-métrage tourné à Dieppe et Fécamp, au cinéma mercredi 1er juillet, nous introduit dans l’univers étonnant du « mermaiding ».
Pauline Brunner et Marion Verlé, deux copines de lycée, signent ensemble Miss Mermaid, leur premier long-métrage inspiré d’un documentaire éponyme consacré à la sirène de Fécamp, Alexia Colibert, passionnée de sirène depuis l’âge de 8 ans. Pour leur Miss Mermaid, les deux réalisatrices évoquent une vocation beaucoup plus tardive et préfèrent mettre en scène une Fécampoise de 30 ans en pleine galère.
Fanny (Aloïse Sauvage, solide) accumule les dettes depuis son récent divorce. La courageuse jeune femme retourne vivre chez ses parents et cumule les missions de nettoyage afin d’éponger un tant soit peu les impayés. On plongerait dans la dépression pour moins que ça mais Fanny n’est pas du genre à baisser les bras d’autant qu’elle vient de faire une rencontre qui va bouleverser sa vie. Un prince charmant ? Non, une sirène… Anémone (Alison Wheeler), sirène professionnelle de passage dans la région, lui ouvre les portes du mermaiding ou sirènage en français. Le spectateur n’a plus qu’à suivre Fanny totalement fascinée.
Une métamorphose
Sport, loisir, pratique identitaire qui consistent à nager en portant une queue de sirène, le mermaiding est ici le prétexte à un joli portrait de femme déterminée à aller jusqu’au bout de son rêve. Et tant pis s’il faut encore dépenser 3 000 € pour acheter la fameuse nageoire de sirène. Pauline Brunner et Marion Verlé filment l’évolution de Fanny. D’abord l’ouvrière qui travaille de nuit dans une usine de poisson, la femme qui s’émancipe d’un mari qu’elle a épousé trop jeune, le fille rude au mal qui se féminise doucement mais sûrement.
Le spectateur s’amuse à la voir se métamorphoser en Miss Niny, la sirène, assumant les paillettes de son maquillage, la teinture rose de ses cheveux. On la voit travailler sans répit pour obtenir la grâce d’un poisson dans l’eau. Heureusement Fanny n’est pas seule dans cette aventure. Deux complices l’accompagneront jusqu’au bout, Tintin (Thomas VDB), le syndicaliste rebelle, et Paupiette (Annie Mercier), une ex-collègue échappée de sa maison de retraite. Ces deux personnages rappellent la vie difficile des ouvriers tout en apportant la touche humoristique au parcours initiatique de Fanny. Un parcours qui se transforme en conte de fée sans prince charmant. Pas d’eau de rose pour Miss Mermaid.
- Miss Mermaid de Pauline Brunner et Marion Verlé (France, 1h32) avec Aloïse Sauvage, Thomas VDB, Alison Wheeler…
