Une clown en résilience

Barbara (Valerie Pachner) doit réapprendre à vivre / Photo Pyramide Films

Dans Seule La Vie, au cinéma mercredi 8 juillet, Adrian Goiginger adapte le roman de Barbara Pachl-Eberhart, Vier minus drei  — traduire quatre moins trois — qui raconte comment elle a affronté la vie après la mort de son mari et de leurs deux enfants dans un accident de voiture.

Le film d’Adrian Goldiger, Seule La Vie, a remporté le prix du Public aux 40es Journées romantiques de Cabourg. À la lecture du synopsis, on pense plonger dans un drame avec cette mère de famille qui perd son mari et leurs deux enfants dans un accident de la circulation. Mais le romantisme trouve également sa place dans ce scénario, adapté du roman de Barbara Pachl-Eberhart, Vier minus drei. Par flashbacks, le réalisateur remonte le temps et le spectateur assiste ainsi à la rencontre amoureuse entre deux clowns, Barbara (Valerie Pachner) et Heli (Robert Stadlober), et la vie de famille qui se construit autour de leur métier original mais incertain, et autour de leurs deux enfants.  

Barbara Pachl-Eberhart a vécu de plein fouet le drame filmé par Adrian Goiginger. Et il fallait une comédienne intense pour l’incarner à l’écran. Valerie Pachner, remarquée à Cannes 2019 dans Une Vie cachée de Terence Malick — elle est également dans Notre histoire : chroniques du Caire de Abu B.akr Shawky, toujours à l’écran — porte avec assurance le rôle de cette jeune femme fragile, prête à s’effondrer à tout instant, mais assez forte et courageuse pour faire face à son destin.

Juste un appel

Adrian Goiginger filme les étapes que traverse Barbara. On la découvre heureuse dans son quotidien de mère auprès d’Heli, et puis radieuse dans sa vie professionnelle. Clown à l’hôpital, elle apporte tendresse et réconfort aux enfants malades. Un simple appel téléphonique et tout s’écroule. Barbara n’a plus de famille, plus de métier car la dame qui a perdu ses enfants ne fait plus rire…  C’est pourtant le clown qui est en elle qui va aider Barbara à surmonter sa douleur.

Valerie Pachner porte la souffrance de Barbara, filmée par un réalisateur soucieux d’éviter le pathos. Les scènes cocasses — comme la mise en place d’un numéro de clown — succèdent à des moments tragiques. Des moments joyeux en famille font oublier les disputes d’un couple en quête d’un équilibre de vie favorable à tous. Et ce sont tous ces souvenirs partagés qui permettent à  Barbara d’aller de l’avant et de redonner un sens à la vie

Le spectateur retient ses larmes et repart bouleversé par cette femme portée par une comédienne authentique. Valerie Pachner mérite un vrai coup de chapeau. 

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