Les Terrasses du jeudi jouent la carte Gene Clarksville & Play ce 24 juillet sur la place Saint-Marc à Rouen. En quelques années, le groupe rouennais s’est affirmé comme un digne héritier du british sound, humble légataire du style McCartney avec une pop élégante, baroque à ses moments, somptueuse et toujours juste comme on peut l’entendre sur le récent et très réussi A Bunch Of Songs. Entretien avec François Godefroy alias Gene Clarksville, compositeur, pianiste et frontman du groupe.
Six ans se sont écoulés depuis votre dernière apparition aux Terrasses du jeudi, que réservez-vous de nouveau au public rouennais pour l’édition 2025 du festival ?
Déjà l’arrivée d’un quatrième membre dans le groupe, Thomas Schaettel (musicien pour The Roadrunners, Miossec, Santa Cruz, Beau Bandit, the Red Goes Black et pas mal d’autres), un ami et musicien havrais qui joue de l’orgue et de différents autres claviers dans Gene Clarksville & Play afin de compléter mon jeu de piano et d’apporter d’autres sonorités mais en conservant l’idée de groupe sans guitare.
Pourquoi ce choix en live d’une guitare remisée alors qu’il y en a sur votre dernier mini album intitulé A Bunch Of Songs ?
C’est vrai mais pas tant que ça ! Je l’ai souhaitée discrète sur le disque pour laisser une place importante aux différents claviers, en particulier au piano. Elle est totalement absente sur scène et finalement ne manque pas. Ce n’est pas dramatique de l’enlever et les parties qui lui sont consacrées sur le disque peuvent être remplacées par un piano « ornemental » en concert. On a déjà testé le concept ailleurs cette année et le public a apprécié.
D’autres nouveautés le 24 juillet ?
Oui puisque nous allons présenter notre nouveau disque sorti en mars dernier. Six des sept titres de A Bunch Of Songs seront joués. L’arrangement du septième est plus complexe et je n’ai pas encore trouvé la bonne formule pour le live. Le reste du concert sera partagé entre les anciennes chansons de Gene Clarksville & Play et d’autres antérieures à ce projet mené avec le batteur Eric Laboulle et le bassiste Loïc Kohler, une reprise et un tout nouveau titre pas encore enregistré compléteront la setlist.
A Bunch Of Songs n’est ni un EP ni un véritable album, est-ce un parti pris ?
C’est un choix sans en être un. Le prochain album est déjà presque prêt. Il a même été réalisé avec des invités et des musiciens additionnels comme une section de cuivres mais l’enregistrement à trois, en fait quatre puisque Thomas joue sur quelques chansons, de ces sept titres me paraissait plus en adéquation avec l’idée que j’en avais. Il a donc fallu faire simple, vite et efficace. Durant les répétitions, j’installais un matériel minimum, simplement quelques micros, et on enregistrait deux titres en une heure dans des conditions quasi live, en tout cas pour ce qui concerne la section rythmique. Pour le piano et les voix, j’effectuais des séances en re-recording. Un travail à l’ancienne en quelque sorte.
L’influence de Paul McCartney est toujours aussi présente dans ce nouveau disque. Y a-t-il d’autres artistes qui vous inspirent ?
Le groupe Divine Comedy, Chuck Prophet, Paul Weller bien sûr et certains chanteurs de soul music tels que Al Green et Lee Dorsey.
Pensez-vous justement avoir trouvé le bon compromis entre pop music et soul music, deux styles que vous affectionnez particulièrement ?
Oui je l’espère et ça vient probablement du fait que je maintienne le piano comme élément clé de mon projet artistique. Il fait le lien entre ces styles et il y a une meilleure harmonie entre ce que j’écoute et ce que je joue aujourd’hui. J’ai l’impression que mon écriture est devenue plus personnelle, moins marquée par les artistes cités même si ce que j’aime ressort toujours un peu, comme c’est le cas avec McCartney.
Votre façon d’écrire et de composer a donc évolué avec le temps ?
Et même de chanter parce que je pousse moins (rires)… Mais oui on peut le dire et c’est aussi parce que je fais confiance aux musiciens qui m’accompagnent. Ils sont attentifs à ce que je propose et sont aussi force de proposition. Il y a une belle osmose dans le groupe qui a permis cette évolution dans la création mais aussi dans le jeu. J’aime par exemple appuyer la ligne de basse avec la main gauche du piano pour apporter plus de dynamique à la chanson mais cela nécessite une grosse mise en place et donc beaucoup de travail en répétition pour éviter les décalages Je pense que Gene Clarksville & Play possède aujourd’hui un son particulier et une certaine identité même si certains trouveront toujours qu’on ressemble à cent autres groupes et c’est normal.
Quel regard portez-vous sur les artistes d’aujourd’hui ?
Oh là ! Au niveau national, il n’y a pas grand-chose qui me fait rêver à part une chanson de Clou, A l’arrière de la voiture, mais de manière générale la variété française m’exaspère à part peut-être Clara Luciani que je trouve sympathique. À l’échelle internationale, j’aime beaucoup The Lemon Twigs, le virage solo de Angus Stone (Angus and Julia Stone), l’album White Jesus Black Problems de Fantastic Negrito que j’ai découvert récemment même s’il est sorti en 2022, Jacob Banks, Stone Foundation ou encore Pete Doherty qui est finalement déjà ancien.
Pour vous, le rock a-t-il encore un avenir ?
Je n’en sais rien ! On peut se poser la question parce que je ne vois que des têtes grisonnantes ou des calvities dans la salle lors des concerts de rock, sauf lors du concert des Lemon Twigs où il y avait plus de jeunes. Ce qui est plutôt rassurant mais le public vieillit ou alors je ne vais pas voir les bons concerts.
Programmation des Terrasses du jeudi
- À 18 heures allée Eugène-Delacroix : Aeon Seven
- À 18h30 place de La Pucelle : Madalitson
- À 19 heures rue Eau-de-Robec : Le Z
- À 19h30 place Saint-Marc : Gene Clarksville & Play
- À 20 heures place du Chêne rouge : Total Hip Replacement & Anyankofo
- À 21 heures rue Eau-de-Robec : Chamaye
- À 21h15 place de La Pucelle : Gablé
- À 21h30 place Saint-Marc : Jerry Lease
- À 22 heures place du Chêne rouge : Christine
Infos pratiques
- Jeudi 24 juillet à Rouen
- Concerts gratuits
- Aller aux Terrasses du jeudi en transport en commun avec le réseau Astuce
