Plébiscité par les médias, Kids Return justifie sa bonne réputation en sortant des albums inspirés, vivifiés par des live impeccables. La preuve samedi 13 septembre à Vernon au festival Rock in the barn et vendredi 26 septembre au 106 à Rouen.
En 1997, Air sortait ses Premiers symptômes, en préfiguration d’un fabuleux Moon Safari iconique de la French Touch originale. 1997, c’est aussi l’année de naissance des membres du duo indie-pop Kids Return qui revendique l’influence de ce pilier de la pop aérienne comme on peut l’entendre notamment sur 1997, le nouvel album que le jeune groupe parisien viendra défendre deux fois en Normandie en ce mois de septembre pluvieux, dès samedi 13 durant le festival Rock in the Barn à Vernon et vendredi 26 au 106 à Rouen.
1997 est donc une année importante pour ces deux Kids, qui, en l’espace de deux albums, ont conquis le public et les médias d’ici et d’ailleurs. Les Inrockuptibles ont placé leur premier essai Forever Melodies à la 21e place du classement des meilleurs albums de 2022. Rien que ça ! L’émission Quotidien leur décerne son « Q d’or » du meilleur groupe 2023 et le britannique NME a également salué la performance artistique des Frenchies qui, à l’instar de Air et Daft Punk, ne sonnent pas très made in France à la première écoute.
Le duo privilégie la mélodie et les arrangements contrairement à la scène « rap » française actuelle plus portée sur le texte et les kicks. Un choix peu judicieux et même risqué qui ne suit pas la tendance mais assumé par ces deux amoureux de pop songs à l’ancienne. Kids Return a trouvé sa voie dans le groove électronique d’un Random Acces Memories de Daft Punk, dans l’éclectisme de Blur, le chic de Pulp, la pop léchée de Phoenix et l’ensemble de l’œuvre discographique, quasi-cinématographique, de Air. Et de cinéma, il en est justement aussi question dans le parcours et dans l’univers de cet autre duo parisien qui suit la trace de ses aînés.
Tout comme la musique, l’image et en particulier le 7e Art occupent une place importante chez Kids Return, à commencer par le film éponyme de Takeshi Kitano sorti en 1996, à l’origine du nom du groupe. Adrien Rozé et Clément Savoye ont grandi en écoutant un nombre important de disques mais aussi en dévorant moult projections sur grand écran. Pour ces deux-là, musique et cinéma vont de pair. La prochaine étape passera probablement par la composition d’une bande originale mais en attendant le duo s’initie au diptyque musique/cinéma à travers ses clips construits comme de mini films avec l’aide de Tara-Jay Bangalter (fils de Thomas de feu-Daft Punk), troisième membre non officiel du groupe qui met en image le son de ses deux compères. Autre clin d’œil à la pellicule, celui d’une reprise en concert de I Will Wait For You, version anglaise de Je ne pourrai jamais vivre sans toi, composition de Michel Legrand qui illustre le film Les Parapluies de Cherbourg.
Pour la version live, le duo s’agrandit de trois musiciens supplémentaires afin de restaurer au mieux l’ambiance des disques malgré des arrangements différents et une part légitime d’improvisation pour apporter de la vie aux chansons. Le travail soigné et ambitieux des albums est essentiel pour les deux musiciens mais l’aspect organique du live et ses imperfections est également primordial lors des concerts pour les Kids.
Infos pratiques
- Samedi 13 septembre à partir de 15 heures au festival Rock in the barn au château des Tourelles à Vernon. Tarifs : 38,50 €. Réservation en ligne
- Vendredi 26 septembre à 20 heures au 106 à Rouen. Première partie : Baby Berseck. Tarifs : de 18 à 11 €. Réservation au 02 32 10 88 60 ou en ligne
