L’Histoire et l’évolution des technologies ont toujours un impact sur les vies. Céline Ohrel raconte cette confrontation dans Summertime, une pièce de théâtre en forme de huis clos où se retrouvent une fille et son père. C’est à voir du 2 au 5 décembre au théâtre des Cordes avec La Comédie de Caen, les 9 et 10 décembre au théâtre Legendre à Évreux avec Le Tangram.
Ada et Georges discutent au bord de la piscine vide de la villa située dans la baie de San Francisco aux États-Unis. C’est l’été. Il fait très chaud et la ville est encerclée par un incendie de forêt. La fille, journaliste activiste d’une quarantaine d’années, et le père, ancien ingénieur, ne se sont pas vus depuis la disparition de Lynn, mère, épouse et ancienne hackeuse hippie, il y a trente ans. Ces deux-là ont bien évidemment beaucoup de choses à se dire.
Dans Summertime, un huis clos, joué à Caen et à Évreux, écrit et mis en scène par Céline Ohrel, fondatrice de la compagnie Diplex, il est question d’utopies, de désillusions, d’abandon, de transmission, de révolution numérique, de bouleversement climatique. « Je m’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies et à leurs implications dans nos vies intimes ».
Un rêve de partage
Céline Ohrel joue le rôle d’une jeune femme qui vient demander des comptes. Elle traverse une histoire et dresse un constat. Aujourd’hui, « le monde numérique s’est dévoyé pour ouvrir la voie à une société ultra fasciste et ultra libertarienne, à des politiques de droite et d’extrême-droite techno-fascistes. Il y a un an a été élu Trump avec la complicité des patrons des GAFAM et des plus grands milliardaires. Et on constate une manipulation des données et un asservissement à ces outils ».
Alors Ada remonte le fil de l’histoire pour comprendre. Elle qui porte le prénom de la première programmeuse de tous les temps, Ada Lovelace — les premiers algorithmes ont été retrouvés dans ses notes. Elle qui a été élevée dans les mathématiques avec sa mère. Pour Ada, « l’histoire d’Internet est une histoire communautaire. Le premier ordinateur est une utopie. Il y avait ce rêve de partager le savoir, une possibilité d’émancipation, une volonté d’accroître les connaissances. Même si ces outils se sont développés dans un contexte de Guerre froide et au sein de l’armée. C’était un réseau alternatif ». Elle interroge son père qui a « contribué à l’essor de ce monde conçu par les hommes. Il a cette mémoire parce qu’il a été un témoin ».
Il est donc temps pour Ada et Georges de se comprendre et se réconcilier, de plonger dans des souvenirs, dans les rêves et les failles. L’histoire de Summertime avance avec des allers et retours dans le passé, aussi douloureux soit-il. Dans cette pièce de théâtre, Céline Ohrel retrouve Philippe Grand’Henry, un comédien complice depuis la sortie de l’école. « Il est comme un grand frère du théâtre. Il a un univers poétique et philosophique très fort. Il m’apprend beaucoup ». Sur scène, tous les deux incarnent une génération et une époque différentes. Alors la conversation est vive.
Infos pratiques
- Mardi 2, mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 décembre à 20 heures au théâtre des Cordes à Caen. Tarifs : de 25 à 8 €. Réservation au 02 31 46 27 29 ou en ligne
- Mardi 9 et mercredi 10 décembre à 20 heures au théâtre Legendre à Évreux. Tarifs : de 20 à 10 €. Réservation au 02 32 29 63 32 ou en ligne
- Durée : 1h30
