40 années de combat au CEM

Photo : Doris Le Mat Thieulen

Le CEM a ouvert ses portes au Havre en 1986. Cela fait donc quarante ans que le centre d’expressions musicales soutient et anime le milieu des musiques actuelles. Tout ce combat valait bien plusieurs fêtes pendant 2026. Premier rendez-vous du 25 au 29 mars avec le CEM on fest.

Unique ! C’est le mot qui définit le mieux le CEM, le centre d’expressions musicales ouvert au Havre depuis 1986. Unique tout d’abord par la méthode d’enseignement qui place le plaisir de jouer en groupe au centre de l’apprentissage de la musique. « C’est d’autant plus utile aujourd’hui dans le contexte national et international. Il est important de se parler, de s’écouter, de se faire du bien et de faire des choses ensemble », rappelle Sandrine Mandeville, directrice du CEM. L’école a commencé par accueillir une centaine d’élèves et s’est très vite développée. Jusqu’à 800 enfants ont suivi les cours dans l’ancien local, devenu trop étroit. Installée depuis janvier 2018 au fort de Tourneville, l’école compte désormais plus de 1 100 élèves et 23 professeurs.

Unique, encore, la CHAM, la classe à horaires aménagés musiques actuelles. La première en France, reconnue par le ministère de l’Éducation nationale, a été imaginée au CEM qui propose six heures d’enseignement hebdomadaire à des élèves du collège Irène-Joliot-Curie. L’association met en place également des divers projets d’actions culturelles à l’adresse d’enfants et des publics empêchés. Le feedback est aussi un dispositif original créé pour les bénéficiaires du RSA. Pendant seize semaines, des musiciens et musiciennes et autres intervenants accompagnent ces personnes souhaitant dessiner un nouveau parcours personnel et professionnel.

Une énergie à toute épreuve

Il faut rappeler que l’aventure du CEM n’a pas débuté avec des musiciens mais avec un assesseur au tribunal auprès du juge pour enfants. Georges Durand se retrouve face à des adolescents jugés pour nuisances sonores après avoir répété dans la cage de l’escalier de leur immeuble ; faute de lieux de répétition. En mai 1986, l’homme fonde l’Association havraise d’initiative sociale et culturelle et aménage sept studios dans l’ancien entrepôt de café de la rue Franklin. 

C’est en effet une véritable aventure qui commence il y a quarante ans et se poursuivra à coups de rebondissements. « Quand on finissait une année, nous étions contents. Ce fut un long combat avec des moments charnières. Il a toujours fallu une détermination et une énergie pour défendre le projet. Nous avons éprouvé tellement de choses. Ce qui nous a demandé d’être inventifs. Nous défendons le fait d’être un laboratoire. Et c’est un terrain de jeu incroyable », remarque Sandrine Mandeville. Les musiciennes et les musiciens se sont vite impliqués dans la vie du CEM. « L’engagement des personnes est toujours là. La fidélité de toutes raconte quelque chose. Mêmes quand certaines partent, en retraite par exemple, elles sont encore là », se réjouit la directrice du lieu.

Des combats toujours à mener

Au CEM sont menés de nouveaux combats, comme la question environnementale et les violences sexistes et sexuelles. « La présence féminine est encore faible dans les musiques actuelles, constate Sandrine Mandeville. À l’école, il y a plus de filles que de garçons. Mais les pratiques sont encore genrées. Elles font du chant et du piano. Ils font de la guitare, de la basse et de la batterie. En revanche dans les studios de répétition, le nombre de filles est très faible. Nous encourageons les répétitions en groupe mixte, proposons des ateliers réservés aux femmes. Elles doivent oser. » 

Le CEM a donc traversé quarante années dans un esprit militant. Durant cette année 2026, il fête cet anniversaire qui commence avec le CEM on fest. Ce sont cinq jours de concert de groupes du pôle de répétition, des équipes du centre et des chorales. Il faut ajouter une soirée consacrée à l’histoire du lieu. Suivront des journées portes ouvertes, des expositions et d’autres concerts.

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