Une profonde mélancolie, le nouvel album de Flora Fishbach en est empreint. Comme les précédents. Néanmoins, Val Synth, sorti à l’automne 2025, laisse entrevoir une lumière irisée. Seulement huit titres pour partager dans des ambiances musicales des années 1980 et cinématographiques des questionnements intimes d’une personne désireuse de liberté. Flora Fishbach est en concert samedi 23 mai au 106 à Rouen pendant le festival Terres de paroles. Entretien.
Dans la chanson, Comme Jean Reno, vous lui faites dire : N’oublie pas qui tu es. Vous êtiez-vous perdue ?
C’est une phrase que j’ai piochée dans le film du Roi Lion. Mufasa apparaît et dit à Simba : N’oublie pas qui tu es. C’est une phrase qui est devenue ma Madeleine de Proust. Elle résonne beaucoup en moi. Il arrive parfois que l’on veuille nous faire entrer dans des cases. Or, il faut surtout suivre son instinct.
Ce que vous avez fait pour cet album, Val Synth ?
Je suis revenue à une écriture plus spontanée et plus ludique. Le plus souvent, on est dans une introspection, on danse sur ses malheurs et sur ses erreurs. Dans la vie, on vit un grand malheur et on a une chance : on vieillit et on mûrit. Ce qui permet d’avoir du recul sur les choses.
Et aussi de ressentir un sentiment de liberté ?
C’est marrant parce que c’est complètement paradoxal. Là, j’ai retrouvé un sentiment d’adolescence. J’ai repensé à ce moment où j’avais un groupe dans les Ardennes. Nous avions un besoin de nous exprimer. J’ai voulu retrouver cette même joie, cette envie de faire du bien. L’album est court. Je l’ai imaginé comme une photo de l’instant avec des instrumentaux. Je tenais à avoir des univers plus synthétiques. Ce sont pour moi des exercices de style. J’ai cette culture du club et de la techno et je voulais donner envie de danser.
Cette liberté recherchée s’entend également dans votre voix.
Je n’ai pas une seule voix mais plusieurs. Je peux avoir une voix démoniaque ou celle d’une petite fille. J’aime bien exagérer cela pour jouer des rôles.
Le cinéma a d’ailleurs influencé cet album.
Je suis autant influencée par le cinéma que par la musique. Je suis une grande consommatrice de films. Mon rêve serait de composer des musiques de film.
Sur le titre, Comme Jean Reno, le comédien vous interpelle.
Jean Reno fait partie de nos vies. Pour moi, il représente l’altérité. C’est un truc d’enfant, de famille, un peu mentoresque.
Comment avez-vous imaginé le concert avec cet album ?
C’est un grand bazar. J’ai fait un choix un peu risqué. Il y a juste nos corps et nos voix. C’est un show expressionniste, expérimental et joyeux. Nous allons au-delà du concert.
Infos pratiques
- Samedi 23 mai à 20 heures au 106 à Rouen
- Première partie : Suzanne Belaubre
- Tarifs : de 24,50 à 18 €
- Réservation au 02 32 10 88 60 ou en ligne
- Aller au concert en transport en commun avec le réseau Astuce
