Guiseppe Verdi (1813-1901) s’est inspiré de l’œuvre de Shakespeare. Il a commencé par s’emparer, avant Othello et Falstaff, de Macbeth. C’est cette œuvre qui ouvre la saison lyrique de l’Opéra de Normandie Rouen. Pierre Dumoussaud, tout nouveau directeur artistique dirige l’orchestre du 25 septembre au 3 octobre au Théâtre des Arts à Rouen.
Pas d’intrigue amoureuse dans cet opéra ! Macbeth de Verdi est une tragédie noire sur l’ivresse du pouvoir et des jeux de manipulation diaboliques. Pierre Dumoussaud la définit comme « une peinture des enfers et des ténèbres. » Macbeth, alors duc de Cawdor, et Lady Macbeth forment un couple de tyrans avec une ambition dévorante. Leur objectif : monter sur le trône du royaume d’Écosse. Cette accession se fera dans le sang après les prophéties de trois sorcières. Avec la présence de forces occultes, les deux époux seront hantés par leurs crimes jusqu’à leur mort.
L’Opéra de Normandie Rouen commence cette saison lyrique 2026-2027 avec ce chef-d’œuvre de Verdi, joué pour la première fois le 14 mars 1847 au théâtre de La Pergola à Florence. Pierre Dumoussaud n’a pas choisi cette première version de Macbeth mais la troisième, celle de 1865, retravaillée pour être présentée à Milan après avoir été réécrite en français et enrichie d’un ballet pour le Théâtre-Lyrique à Paris. « Il y a une tradition française avec le ballet et nous revenons à la langue italienne. C’est un opéra difficile à traduire, notamment le langage vulgaire des sorcières », explique le maestro qui dirige l’orchestre de l’Opéra de Normandie Rouen.
Une œuvre exigeante
Mis en scène par Ambre Kahan, ce Macbeth, présenté du 25 septembre au 3 octobre au Théâtre des Arts, est une partition d’une grande exigence. « Nous sommes sur les vestiges du bel canto — il y a quelques marqueurs — et dans l’expérimentation musicale, indique Pierre Dumoussaud. Verdi joue sur la spatialisation des sons. Il mène une recherche sur la dynamique et les nuances. Il faut être parfois dans l’impalpable. Il y a ce grand duo entre Macbeth et Lady Macbeth qui doit être soto vocce et interprété le plus doucement possible. Il faudrait presque davantage parler que chanter. Les premiers violons sont aussi très exposés pendant toute la soirée. Ils doivent être dans une pureté irréprochable. Et les cuivres doivent à des instants juste frémir puis être dans des chorals majestueux. »
Ce spectacle fait l’objet d’une nouvelle retransmission en direct samedi 3 octobre dans divers théâtres et cinémas de la région, dans des hôpitaux et dans les résidences pour personnes âgées. « Je me souviens de cette première expérience avec Madame Butterfly, confie le directeur artistique de l’Opéra. C’est un moyen d’accéder au plus grand nombre, d’apporter du réconfort et de l’évasion. C’est une richesse précieuse. »
Infos pratiques
- Vendredi 25 septembre à 20 heures, dimanche 27 septembre à 16 heures, mardi 29 septembre et jeudi 1er octobre à 20 heures, samedi 3 octobre à 18 heures au Théâtre des Arts à Rouen
- Durée : 2h50 avec entracte
- Représentation en audiodescription dimanche 27 septembre
- Prêt de gilets vibrants lors de la représentation du jeudi 1er octobre
- Tarifs : de 85 à 5 €
- Réservation au 02 35 98 74 78 ou en ligne
- Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
