Dimanche de fête et de dédicaces au Rêve de l’escalier. Durant tout le mois de décembre, la librairie rouennaise fait une place aux artistes régionaux. Julien Hugonnard-Bert, encreur, vient dédicacer avec Jean-Marie Minguez et Gaëlle Levalet.

 

photo Amélie Gervais

photo Amélie Gervais

Quand les super héros pointent des sabres lasers et autres épées, Julien Hugonnard-Bert manie ses plumes et ses pinceaux. Il est encreur. « Je termine le dessin, plus ou moins abouti, d’un autre. Je repasse sur les traits afin d’améliorer la lisibilité, d’apporter une ambiance ». Toute la difficulté de ce travail réside dans l’épaisseur d’un trait pour ne pas trahir les intentions d’un dessinateur. « Les contours des personnages au premier plan sont plus épais que ceux des personnages au second plan. Les méchants sont plus encrés que les gentils ». Ce trait, c’est l’expression d’un visage, créer une perspective et une profondeur, jouer entre l’ombre et la lumière. « C’est comme un directeur de photo ».

 

Encrer est une étape capitale avant la colorisation mais peu reconnue en France. Julien Hugonnard-Bert, artiste talentueux installé à Rouen, a regardé vers les Etats-Unis. « Pour les séries américaines, il faut produire vingt pages par mois. Injustice, ce sont dix pages par semaine. Le dessinateur n’a pas le temps de terminer son dessin. Il a besoin d’un encreur. Aux Etats-Unis, c’est une vraie industrie. En France, il y a peu de pré-publication. On peut avoir un an pour faire une bande dessinée ».

 

Julien Hugonnart-Bert encre différents héros, ceux de Hannibal Meriadec, de Star Wars et d’Injustice, ceux de Marvel aussi. Pour en arriver là, il a fait un étonnant détour. Passionné par l’univers des comics, il n’a jamais cessé de dessiner. En faire un métier ? Impensable pour ce bon élève qui a été orienté vers les filières toutes tracées pour les premiers de la classe. Julien Hugonnard-Bert a donc suivi des études d’ingénieur. « J’aime le défi technique ». Surtout lorsqu’il devient un pari technologique mais pas quand il a pour objectif de réduire la masse salariale d’une entreprise. La rencontre avec Doug Wheatley, dessinateur de comics, est déterminante et met Julien Hugonnard-Bert sur la piste des super héros. Julien Hugonnard-Bert travaille sur sa propre série avec six épisodes. Le premier est écrit. On a hâte de voir et de lire.