Depuis leur première rencontre, il y a une belle alchimie entre ces deux-là. Nili Hadida et Benjamin Cotto sont Lilly Wood & The Prick, un nom de groupe rempli de mystère et d’autodérision. Dans leurs titres, il y a un peu de ça, surtout des convictions portées par une pop sucrée et vibrante, teintée de multiples influences. Prayer in C reste bien évidemment inoubliable. C’était il y a déjà dix ans. Lilly Wood & The Prick donne une nouvelle suite avec Most Anything, un album sorti en mai 2021, avec un premier single, You want my money, tout aussi efficace. Le duo sera en concert jeudi 7 octobre au 106 à Rouen. Entretien avec Benjamin Cotto.
Dans You want my money, vous dénoncez la société de consommation. Vous avez ajouté un peu d’ironie à cette pop légère.
C’est pas mal d’avoir du second degré. Nous aimons prendre un sujet à la légère dans le texte et la façon de l’interpréter. Nili avait envie d’aborder des sujets plus sérieux, comme l’écologie, même difficiles, tel que la violence. Il reste aussi un thème récurrent chez nous, l’amour.
La pop permet-elle justement d’être dans un contraste ?
Elle est un super médium pour ça. Elle permet de jouer sur les contrastes, en effet, sur les sentiments et les couleurs. Nous avons des chansons légères, des ballades. À l’intérieur de ce cadre, nous mettons les deux pieds dans le plat.
Vous avez fait une pause avec Lilly Wood & The Prick pendant six ans. Est-ce que cet album vous a demandé du temps ?
Nous avons pris le temps d’avoir envie d’écrire un album. Nous avions beaucoup tourné pendant dix ans. Il fallait retrouver l’inspiration, vivre autre chose. Nili a fait son album. Moi, le mien. Cela nous a aussi permis de sortir de notre zone de confort et d’appréhender le travail de l’autre.
Quelle est cette zone de confort ?
Travailler à deux, c’est plus facile. Il y a déjà deux cerveaux. Quand l’un tourne en rond, l’autre est là pour prendre le relais. Il y a un échange de visions sur le travail.
Qu’avez-vous appris ensemble pendant ces années ?
Nous avons appris à nous ouvrir, à composer avec la vision de l’un et de l’autre. Nous sommes différents. Nous avons une vision du monde différente. Nous avons appris à nous comprendre.
Quelle était cette envie pour Most Anything ?
Il y avait beaucoup de curiosité. Nous avons réussi à vite retrouver nos sensations. Comme nous avons aussi appris de nos erreurs, nous avons laissé tout ce qui trainait de négatif pour pouvoir aller jusqu’au bout des choses, sans faire de concession. Nous n’avons plus peur du regard des autres. Pour cet album, nous avons souhaité une écriture solide des morceaux qui peuvent tenir en guitare-voix ou piano-voix. Tout est plus abouti.
Comme l’univers visuel ?
Oui, tout en étant plus décomplexés. Tous les arts visuels font partie de notre quotidien. Dans le clip, nous avons joué à fond les références aux années 80 avec de l’humour et du second degré.
Infos pratiques
- Jeudi 7 octobre à 20 heures au 106 à Rouen
- Première partie : Sébastien Delage
- Tarifs : de 31 à 20,50 €. Pour les étudiants : carte Culture.
- Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
