Enfant roi, c’est le titre du premier album de Poupie qui arrive après deux EP. Deux sorties pour révéler une personnalité explosive, un brin excentrique. Cette artiste, autrice, compositrice et interprète, s’est fait tout d’abord fait connaître dans deux émissions de télé-crochet en Espagne et en France. Enfant roi évoque la liberté, la réussite, les doutes sur un mélange de pop, de reggae et de rap. Poupie sera vendredi 15 octobre au Trianon transatlantique à Sottteville-lès-Rouen. Entretien.
Savez-vous aujourd’hui pourquoi la musique est le bon endroit pour vous exprimer ?
Non, je ne sais pas vraiment pourquoi. Cependant, dès que je fais quelque chose dans ce milieu, je sens que je me rapproche de la vérité.
Dans votre album, il y a deux références au cinéma. Est-ce une de vos influences ?
Oui, tout à fait. L’art, en général, reste, pour moi, très inspirant et le cinéma est une inspiration très forte. Grâce aux images viennent des idées. Ça fuse dans mon cerveau. Je regarde beaucoup de films hollywoodiens, ceux issus de la pop culture. J’aime aussi le cinéma asiatique. En fait, je me moque des genres. Je fonctionne beaucoup par coup de foudre.
Quand avez-vous des coups de foudre ?
Mon esprit est attiré par la beauté, l’intelligence. Je prends ce que je veux.
Pourquoi vous a-t-il fallu des EP avant un album ?
En fait, il faudrait poser la question à l’envers. Pour moi, l’album, c’est ce qu’il y a de plus logique. Comme pour un livre, il est le meilleur moyen de raconter une histoire en plusieurs chapitres. Les EP m’ont permis de me faire une petite place. L’album arrive comme une suite logique. Je suis néanmoins consciente qu’il y a des changements dans la manière d’écouter de la musique. On s’attache davantage à des singles. J’appartiens à mon ère. Quand j’écoute un album, j’adore le décortiquer parce qu’il y a une pensée. Et c’est important de respecter la vision de l’artiste. Sinon, écouter un single, puis un autre donnera peut-être envie d’écouter tout l’album. J’aime quand les choses ont un sens.
Comment avez-vous abordé cet album, Enfant roi ?
J’ai abordé l’album comme un puzzle. J’ai écrit des chansons. Puis, j’ai essayé de prendre un peu de recul en me demandant ce qu’il manquait. Pour le terminer, je suis partie avec mon équipe dans le sud de la France où nous avions une belle vue sur la mer. En fait, un album, c’est un grand jeu.
Est-ce un jeu avec des règles ?
Quand j’écris, je ne m’impose pas beaucoup de règles. Je ne veux pas me contraindre. Je voulais que cet album soit à l’image de ma vie. Parce que tout est lié : ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Alors j’écris comme je pense les choses.
« La liberté est ma seule voie »
Est-ce facile de parler de soi à 20 ans ?
C’est très naturel de parler de soi. Mais écrire sur soi n’est pas simple. Cela touche à la pudeur. Écrire Vue sur la mer a été un réel défi. Maintenant que ce titre existe, il agit comme une thérapie. D’autant que je me sens comprise. Je suis heureuse d’avoir pu passer ce cap. J’ai accepté ma faiblesse. Je suis allée au-delà pour en faire une chanson.
Un thème traverse cet album et vous l’évoquez très souvent. C’est la liberté. Pourquoi ?
J’ai toujours su que la liberté était importante. Jusqu’alors, je ne l’ai jamais trop formulé. D’ailleurs, cela a beaucoup dérangé dans le cadre scolaire. La liberté est ma seule voie. Pour accéder au bonheur, on ne peut pas être enfermé dans des carcans. J’espère que ce sera possible pour tout le monde.
Est-ce une quête pour vous ?
Je suis une militante. Je suis pour la réalisation de chacun. On vit pour un but. Et la persévérance est très importante pour moi. Parce que nous rencontrons des échecs. C’est une manière d’apprendre. J’ai eu la chance de ne pas avoir connu beaucoup d’échecs.
Comment réagissez-vous aux discours évoquant une restriction des libertés ?
Je ne pense pas que des gens aient le droit de faire cela. Peut-être pour profiter de la liberté plus tard. Pour l’instant, je m’intéresse à ma liberté personnelle. Je suis une enfant de son monde avant de comprendre qu’elle est dans un monde.
Quelle est la suite après la sortie de ce premier album ?
C’est vivre, écrire, chanter, créer. Il faut créer pour rester en vie. Je veux surtout continuer la tournée, dialoguer avec le public. J’ai hâte que l’on se voit.
