L’amitié en politique

photo : Christophe Péan

De l’amitié, de l’amour, des trahisons, des non-dits, des réconciliations, de la jalousie et de la politique… Tant d’ingrédients pour une belle fresque théâtrale qui se joue mardi 18 octobre au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Anna, Ces Trains qui foncent sur moi raconte une partie de campagne un jour de mai réunissant 14 amies et amis avant une année électorale.

Un théâtre de troupe

Entre ces deux artistes se poursuit une belle aventure artistique. Vincent Goethals a mis en scène deux textes de Steve Gagnon, En Dessous De Vos Corps je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas en 2017, puis Ventre en 2019. « Il y a eu ensuite la volonté de travailler ensemble » . Une commande d’écriture est passée. L’auteur a souhaité associer le metteur en scène, les 14 comédiennes et les comédiens dans les différentes étapes de son travail. « Les acteurs sont les gardiens de leur personnage. J’avais besoin de nuances, de complexité afin que chaque personnage soit intéressant, utile, essentiel ». 

Steve Gagnon a écrit plusieurs versions, les enrichissant à chaque fois des retours des unes et des autres. « C’est un travail extrêmement difficile mais très plaisant. Il faut remettre à chaque fois les choses en question. Cela m’a mis en joie quand il a été abouti. C’est un texte sur mesure pour les acteurs. Après, je ne veux aucun changement lors des représentations ».

Amitié, amour et sacrifices

Après En Dessous De Vos Corps je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas, sur la famille, et Ventre, sur l’amour, suit Anna, Ces Trains qui foncent sur moi. Le tout forme le Triptyque de l’intranquillité. Steve Gagnon aborde dans cette nouvelle pièce de théâtre l’amitié sous toutes ses formes. Un groupe d’amies et amis, soudés par la politique et des idéaux, se retrouve, comme chaque année, chez Daria et Stéphane, un chef de parti à l’aube de la retraite, pour trois jours de discussion, de détente, de franche rigolade. Il faudra bien tout cela parce que commence une année électorale, pressentie comme houleuse. Mais l’arrivée surprise d’Alexis, le beau ténébreux, ravive des souvenirs douloureux, notamment chez Anna, toujours aussi mystérieuse.

« Ces sont des personnes, lettrées, issues de milieux privilégiés. Elles sont agitées, animées, enflammées. Elles détiennent un certain pouvoir, ont de belles idées, veulent les imposer. Elles peuvent être amusantes, attachantes mais nulles en fidélités et lâches dans leurs actes. Elles mangent bio mais ne veulent pas perdre un certain luxe. Cela est d’une violence extrême. Elles vivent en dehors des réalités. Pour des gens qui se prétendent de gauche, ils sont ridicules dans leur manière de prôner des valeurs humanitaires ».

Dans Anna, Ces Trains qui foncent sur moi, Steve Gagnon pose la question du sacrifice, que ce soit par amitié, par amour ou par ambition politique. « Quelle part de nous, de liberté est-on prêt à concéder ? C’est ce que ces personnages ont du mal à assumer ».

Du réalisme

Pour écrire Anna, Ces trains qui foncent sur moi, joué mardi 18 octobre au Rive Gauche, Steve Gagnon s’est inspiré d’Anna Karenine de Tolstoï et des événements au quotidien. « L’actualité nous happe. Elle est là. Je suis baigné de ce que j’entends. Je sais aussi m’en dégager quand j’écris ». Il rajoute de la comédie, du suspense, de la tragédie. « Il y a aussi de la poésie et tout est très homogène. Nous sommes dans un théâtre réaliste », indique l’auteur.

Dans ce théâtre, Steve Gagnon laisse une place aux femmes. « Elles portent le discours du spectacle. Je peux dire que je suis un allié des femmes. Leur liberté doit être égale à celle des hommes. Pourtant, elles se sacrifient toujours plus. Le monde de la politique en est un bon exemple. Les femmes sont là pour montrer que tout est normal. Or la politique appartient encore aux hommes. Dans la pièce, elles le dénoncent malgré elles ». Pour le groupe, des combats sont toujours à mener ensemble malgré les différences de vue et quelques trahisons.

Infos pratiques

  • Mardi 18 octobre à 19h30 au Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Durée : 3h45
  • Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr
  • Des places sont à gagner : tentez votre chance en nous écrivant à muriel.relikto@gmail.com
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