De la soul puissance trois au 106 ! La salle rouennaise joue la carte soul music ce trimestre avec trois concerts made in USA, the Harlem Gospel Travelers en mars, Thee Sacred Souls en avril et l’infatigable Lee Fields dès samedi 11 février.
Avec les décès prématurés de Charles Bradley et de Sharon Jones, Lee Fieds fait figure de rescapé de la soul d’une époque ancienne et pourtant toujours aussi fédératrice et excitante. À 72 ans, il reste une figure emblématique du genre. Un pont entre hier et aujourd’hui. Un prédicateur du groove et un modèle pour beaucoup.
Pourtant la reconnaissance a été longue à venir pour ce chanteur mis sur la touche à ses débuts pour avoir montré trop de similitudes avec le maître, James Brown. Il s’en amuse maintenant et en est même fier, mais le parcours n’a pas été de tout repos malgré une régularité discographique depuis le début des seventies. C’est d’ailleurs par le biais de labels indépendants, nostalgiques d’une soul estampillée sixties, que le vétéran ressuscite artistiquement au cœur des années 1990, notamment chez Desco (futur Daptone Records), créé par le bassiste et producteur Gabriel Roth. Un vieux complice qu’il retrouve en 2022 pour son dernier album en date, Sentimental Fool, sorti justement chez Daptone.
Le son du sud
Sur son dernier opus, Lee Fields renoue avec le son du sud, avec le meilleur du Memphis soul sound, avec la moiteur des juke joints, délaissant James Brown et le funk pour plonger plus intensément dans les abysses de l’émotion, pour caresser l’âme des anciens rois de la deep soul, Sam Cooke, Otis Redding ou encore James Caar. Le Mississippi coule à nouveau dans les veines de ce docteur ès amour qui ne s’est jamais égaré de son chemin initial malgré quelques crochets — intéressants — par le clubbing en compagnie de Martin Solveig en 2006.
Sentimental Fool perpétue l’histoire musicale du septuagénaire et déverse son lot de ballades plus intenses les unes que les autres où le soulman ne semble jamais rassasié, même après tant d’années passées à prêcher pour la soul music. Et loin d’être un flagorneur, il chante les sentiments comme personne. Il diffuse et transmet l’amour depuis plus de 50 ans et sa passion tout comme sa voix, chaude et puissante, restent intactes. Sensations fortes assurées samedi 11 février au 106 à Rouen où il y aura comme un air de (Sittin’ On) The Dock Of The Bay sur les bords de Seine.
Infos pratiques
- Samedi 12 février à 20 heures au 106 à Rouen
- Première partie : Freddy DeBoe
- Tarifs : de 28,50 à 19,50 €
- Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
