Pour son deuxième long-métrage, Billie Melody, dans les salles de cinéma mercredi 9 septembre, Christine Paillard filme une adolescente qui vient de perdre son père musicien et tente de le faire revivre à travers la musique.
Après avoir co-signé Pourquoi tu souris avec Chad Chenouga, Christine Paillard se lance seule dans l’aventure de la réalisation avec Billie Melody, un drame doux et émouvant autour du deuil d’un père. Billie (Bonnie Bouriche Troutaud) est une ado de 14 ans que l’on découvre le jour où sa mère, son frère aîné et elle sont interrogés séparément dans un commissariat de police suite à la mort de son père dans un accident de voiture aux circonstances assez troubles. Un enquêtrice bienveillante cherche à savoir si ses parents s’entendaient bien ou s’ils traversaient une crise comme d’autres couples… La réponse de Billie est sans appel : sa famille était normale.
Christine Paillard filme alors cette vie de famille du point de vue de Billie. Elle se souvient de Tony (Roschdy Zem), père aimant, attachant, drôle, qu’elle idéalise un peu. Souvent absent car accaparé par sa musique, il est particulièrement présent lorsque son emploi du temps le permet. Face à lui, Roxane (Julia Faure), se montre telle une mère solide, un brin autoritaire. C’est le pilier sur lequel toute la famille s’appuie, mais apparemment fatiguée de palier aux absences de Tony. Billie se remémore des disputes, des gestes de tendresse, des baisers discrets et ce dernier soir où les mots entendus semblaient plus durs, juste avant que son père ne prenne le volant. Et si Roxane avait tué Tony ?
À la recherche de la vérité
Christine Paillard dresse le portrait d’une adolescence en quête de vérité. Une ado qui doute, une ado en souffrance lorsque sa mère déménage avec ses enfants dans une autre ville pour refaire sa vie, une ado qui s’appuie sur sa bande de copains. La réalisatrice qui, pour De Toutes Mes Forces, avait travaillé avec des jeunes de 14 à 17 ans pour écrire des dialogues qui sonnent juste, retrouve la même justesse après avoir écouté sa fille et ses amies. La jeune Bonnie Bouriche Troutaud crée la — bonne — surprise en investissant fièrement ce premier grand rôle. Elle se montre à la hauteur de ses aînés.
Le spectateur découvre ainsi un Roschdy Zem, comme on le voit rarement, en père tendre, drôle, fanfaron, enjôleur qui cache mal le musicien désabusé, alcoolique dépressif qui n’a pas connu le succès espéré et a bien du mal à l’accepter. Quant à Julia Faure qu’on ne voit pas assez au cinéma, elle crée également la surprise en restant énigmatique dans ce rôle de mère qui ne cherche pas à passer pour une mère courage ni à imposer sa vision des choses à sa fille.
Ce n’est pas un hasard si Tony est musicien. La musique devient incontournable dans ce Billie Melody, que ce soit celle de Bach ou de Liszt, ou celle des chansons écrites et composées par ou pour Billie. Une musique qui peut faire mal mais qui répare aussi.
- Billie Melody de Christine Paillard (France, 1h40) avec Roschdy Zem, Bonnie Bouriche Troutaud, Julia Faure…
