La machinerie théâtrale de Cendre Chassanne

photo : Oscar Gillet

Cendre Chassanne, artiste associée au Volcan, termine son compagnonnage avec la salle havraise avec une création. Nos Vies inachevées est une suite de questionnements d’artistes réunis dans une troupe de théâtre. C’est à voir mardi 28 février et mercredi 1er mars.

« À 10 ans, j’ai vu Lucrèce Borgia à la télévision et j’ai su que je voulais être à cet endroit-là. Un endroit où les émotions débordent, nous renseignent et font écho à quelque chose de profond. Ce même endroit où la catharsis opère. J’ai été bouleversée par ce personnage qui tue son enfant, par le fait que le théâtre pouvait transcender l’horreur, le chaos du monde. Cela passe par l’écriture, puis la mise en scène, l’artifice de l’écriture ». Pour Cendre Chassanne, il était le temps de parler de théâtre, d’écrire pour et sur les comédiens et les comédiennes. « J’ai beaucoup d’estime pour eux. J’ai de l’estime, de l’amitié, de l’amour et j’ai eu envie de magnifier cela ». 

Nos Vies inachevées est un texte que l’autrice et metteuse en scène de la compagnie Barbès 35 a en tête depuis plusieurs années. « La crise de 2003 a été un moment choquant. Ce fut une lutte considérable. Pendant ces grèves, il y a eu beaucoup de réflexions politiques et sociologiques, la constitution de groupe de travail ». En cause : un protocole d’accord qui modifie les conditions d’indemnisation des intermittents du spectacle. Les questionnements d’hier ont été les mêmes pendant les confinements. « Tout cela a résonné très fortement ».

Un engagement

Cendre Chassanne raconte l’histoire d’un groupe et de ses membres qui vivent, travaillent, doutent, se chamaillent, s’interrogent, luttent… Pour ce faire, elle a souhaité « être dans une écriture sur le vif tout en prenant des distances et être dans la dérision. Tout cela ouvre des questions intimes et collectives. Les combats de justice sociale, nous les portons en nous. Et le théâtre se doit de les porter aussi ».

Joué les 28 février et 1er mars au Volcan au Havre, Nos Vies inachevées traverse une réalité, évoque un engagement artistique et citoyen. Dans ce combat, « nous n’avons jamais fini. Nous n’aurons jamais fait tout ce qu’on voulait faire et ce n’est pas grave. Cela ramène de l’humilité. Le théâtre est un éternel recommencement. Nous sommes dans la répétition, la vie aussi. C’est une boucle ».

Infos pratiques

  • Mardi 28 février à 20h30, mercredi 1er mars à 19h30 au Volcan au Havre
  • Durée : 1h45
  • Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com
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