« L’Avare » ou les folies d’une époque

Photo : Julien Hélie

Olivier Lopez a entamé un diptyque sur l’argent avec Rabudôru, poupée d’amour. L’auteur et metteur en scène le clôt avec une pièce de théâtre classique, L’Avare de Molière, qui se joue le 7 mars au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux, les 9 et 10 mars aux Franciscaines à Deauville et du 12 au 14 avril à la Cité Théâtre à Caen.

Olivier Lopez revient régulièrement aux « sources ». Surtout avec les comédiens-stagiaires de la compagnie-école de la Cité Théâtre à Caen qu’il dirige. Il le fait cette fois-ci dans ce diptyque consacré à l’argent. Après Rabudôru, poupée d’amour, il met en scène L’Avare. « Molière est, pour moi, la référence dans l’art de la comédie qui m’est cher ». 

L’avare, c’est Harpagon. Ce riche Parisien a une obsession. Il a peur qu’on lui vole sa cassette enterrée dans son jardin, avec les 10 000 écus d’or à l’intérieur. Alors il se méfie de tout le monde, même de ses enfants, son cuisinier, sa servante, ses laquais. Quant aux dépenses, elles sont calculées avec une extrême rigueur. Ce qui désespère son entourage. Pour terminer ses jours, Harpagon décide d’épouser Mariane. Or, la jeune femme et Cléante, le fils d’Harpagon, sont tombés amoureux. Tout comme Élise, sa fille, et Valère. Mais le vieux radin et égoïste a dessiné un autre avenir pour ses enfants. Il a arrangé leur mariage pour empocher quelque dot. La pièce de Molière est une comédie de mœurs burlesque.

Une mécanique

Olivier Lopez voit dans L’Avare « une suite de portraits qui montrent les travers d’une époque. Dans cette pièce, tous sont obnubilés par l’argent, liés par ce moteur, ce besoin d’amasser, de dépenser. Ils veulent tous soutirer de l’argent à Harpagon. Personne se montre un minimum raisonnable. Ils sont amoraux, outranciers. En fait, ils attendent qu’Harpagon meurt. Pourtant, ils ne manquent de rien. Ils vivent dans une certaine opulence. Ce sont des gens qui ont de gros besoins et ils veulent en profiter. Mais, quand on est riche, on n’en a jamais assez. C’est ce qui est déroutant. Il est possible de faire des parallèles avec d’autres époques… »

Présentée au Rayon vert, aux Franciscaines et à la Cité Théâtre, la pièce de Molière raconte également une solitude. Celle d’Harpagon qui souffre et aspire à une nouvelle vie. « Ses enfants ne sont pas très aimants. D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup d’amour dans cette pièce. Même chez les amoureux entre eux. Ce sont des amours un peu bizarres », indique Olivier Lopez. Le metteur en scène a également voulu raconter un conflit de génération. « D’où l’idée de confier le rôle d’Harpagon à un homme de 60 ans et de faire confiance à la jeunesse. Il y a des comédiens de 20-25 ans. Quelque chose se raconte dans le rapport entre ceux qui tiennent le pouvoir et ceux qui veulent en jouir ».

L’Avare reste une mécanique. C’est à cet endroit qu’Olivier Lopez a mené son travail de metteur en scène. « Quand je prends un texte, j’essaie de marcher dans les pas de l’auteur et être dans ce qu’il nous impose». La comédie de Molière est cruelle, délirante avec des personnages qui sont dans l’excès.

Infos pratiques

  • Mardi 7 mars à 20 heures au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 19 à 10 €. Réservation au 02 35 97 25 43 ou sur lrv-saintvaleryencaux.com
  • Jeudi 9 et vendredi 10 mars à 19h30 aux Franciscaines à Deauville. Tarifs : de 33 à 8 €. Réservation sur www.lesfranciscaines.fr
  • Mercredi 12, jeudi 13 et vendredi 14 avril à 20 heures à la Cité Théâtre à Caen. Tarifs : de 15 à 7 €. Réservation au 02 31 93 30 40 ou sur www.lacitetheatre.org
  • Durée : 1h45
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