Pendant quatre semaines, une équipe de quinze archéologues, professionnels et amateurs, a continué à fouiller dans les jardins de l’hôtel de ville à Lillebonne où se trouvent les vestiges de la propriété d’une riche famille romaine. Jusqu’alors, c’est la cour qui a été mise au jour.
« C’est un grand puzzle dont nous avons les contours mais auquel il manque quelques pièces à l’intérieur ». Jonas Paretias, chargé d’études en archéologie à Caux Seine-Agglo, résume ainsi la campagne de fouilles qui s’est terminée dans les jardins de l’hôtel de ville à Lillebonne. Pendant quatre semaines, quinze archéologues ont retrouvé la cour d’une habitation (ou domus) d’une riche famille à l’époque romaine, mise au jour lors d’une première phase de recherche durant l’été 2024. Ce sont des vestiges très bien conservés et facilement accessibles, à environ 80 centimètres. Durant les quatre semaines de fouilles, l’équipe est descendue en certains endroits à 2,80 mètres jusqu’au sol naturel.
Dans cette cour se trouvent des bases de colonne et un dallage. « La domus a dû être abandonnée à la fin du IIIe siècle, peut-être après un incendie, remarque Jonas Paretias. Nous avons découvert un niveau charbonneux, pas fossilisé. Au fil du temps, cet endroit a encore été occupé. Des indices le démontrent. Il y a des amas de calcaire sur un mur, des blocs qui ont été réemployés et un grand mur qui coupe la domus en deux. C’est une construction postérieure qui vient la perturber ». Plus loin apparaissent un trou, « postérieur à l’abandon », et un puits de l’époque moderne. Cette nouvelle campagne a ainsi soulevé de nombreuses questions. Aux études désormais d’y répondre peut-être.

Lors de l’Antique romaine, Juliobona, aujourd’hui Lillebonne, a été le chef-lieu des Calètes, donc une cité importante avec un riche passé raconté au musée à travers une multitude de trésors et autres objets retrouvés lors de plusieurs fouilles. L’objectif de celle-ci : « comprendre sur un exemple d’habitation la façon de vivre de l’élite à Juliobona, indique Élise Cousin, responsable du service Musée et patrimoine à Caux Seine Agglo. Il y a quatre domus connues à Lillebonne. Elle est la seule à être accessible ». Cette vaste propriété se situe dans la périphérie nord de l’ancienne ville et s’étend sur 800 m2. « La cour de 200m2 permettait de desservir des pièces qui se situaient à l’ouest, au sud et à l’est. C’était une grande demeure qui devait appartenir à une personne importante. Mais nous n’avons aucun élément qui nous permet de connaître son identité », explique Jonas Paretias.
Pas de découverte exceptionnelle ou d’objets fabuleux. La famille a néanmoins laissé quelques pièces de monnaie, des clés en fer, des jetons de jeu, des éléments de charnière… Un intrus : un pompier en plastique.

