La dernière saison de Patrick Foll

photo : Louise Desnos

Pour cette saison 2025-2026, le Théâtre de Caen s’ouvre à nouveau à toutes les esthétiques, tous les genres et toutes les musiques, un fil conducteur suivi par Patrick Foll, directeur d’un lieu de référence, pendant ces vingt-cinq années.

Pour sa dernière saison, Patrick Foll n’a pas souhaité « flamber la caisse ». Le directeur du Théâtre de Caen, en retraite en avril 2026, a « cherché à affirmer les identités de ce lieu » qu’il décline avec engagement, audace et sagacité depuis vingt-cinq ans. La première a une dimension musicale. La musique résonne en effet dans cette nouvelle programmation. « Le Théâtre de Caen est un théâtre musical avec une identité baroque qui le rend visible ». 

C’est l’ensemble Correspondances (en photo) qui ouvre cette saison 2025-2026 pour fêter ses dix ans de résidence au théâtre de Caen. Les 16 et 17 octobre, la formation accompagne trois interprètes, originaires de Normandie, la soprano Sabine Devieilhe, le ténor Cyrille Dubois et le baryton Jean-Christophe Lanièce. Ce sont les Étoiles caennaises qui brillent avec le chœur de chambre du conservatoire et l’Orchestre de Caen dans un répertoire d’opéras de Rameau. Avec Lucile Richardot, l’ensemble de Sébastien Daucé réunit des compositeurs baroques du Nord comme Pohle, Peranda, Albrici, Ritter, Krieger dans Northern Light. Il présente également La Calisto, l’opéra de Cavalli qui dépeint les relations amoureuses.

Vivaldi, Gasparini…

Autres formations remarquables : Le Concert de la Loge et Les Talens lyriques. La première, fondée par Julien Chauvin, fait dialoguer Les Quatre Saisons de Vivaldi avec le hip-hop de Mourad Merzouki. La seconde raconte l’histoire d’Orlando, un opéra de Haendel, mis en scène par Jeanne Desoubeaux, où les tableaux d’un musée prennent vie le temps d’une nuit.

Sans oublier Le Poème harmonique. Patrick Foll et Vincent Dumestre ont imaginé une semaine vénitienne en mars 2026. À cette occasion, la formation reprend le magnifique Carnaval baroque. Avec Nisi Dominus, elle recrée l’atmosphère de la ville aux XVIIe et XVIIe siècles avec des partitions de Vivaldi, Razzi, Locatelli… C’est une des créations de cette saison au Théâtre de Caen : Le Poème harmonique propose L’Avare de Gasparini, inspiré de la pièce de Molière. Une jeune femme se travestit en homme pour tenter de dérober l’or de son voisin, très radin.

Quatre créations

La création et l’accompagnement à travers des co-productions, sont l’autre ligne directrice de la salle caennaise qui se doit « être un lieu d’accueil et de soutien parce qu’il est un acteur hyper important sur le territoire. Tout en ayant un enjeu national », souligne Patrick Foll. Avec Musiques interdites, Samuel Hengelbaert et David Lescot confient à onze musiciens d’Acte[six] et aux mezzo-sopranos, Éléonore Pancrazi et Lucile Richardo, tout un répertoire composé par des artistes persécutés. L’Ensemble Court-Circuit de Jean Deroyer et Jacques Osinski portent à la scène L’Homme qui aimait les chiens, qui évoque la rencontre entre Trotski et son assassin, Mercader. La Maitrise et La Scuola de Caen ont choisi pour leur nouvelle création Britten et The Golden Vanity sur la mer noire, un bateau anglais attaqué par des pirates turc.

À noter également que Vox Clamantis fit les 90 ans d’Arvo Pärt, compositeur estonien. Jean-François Zygel donnera une lecture musicale de la ville de Caen. L’orchestre et le chœur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine, avec le chœur de Dijon, dirigés par Sebastian Beckedorf, interprètent La Bohème de Puccini, mis en scène par David Geselson. Le Théâtre de Caen accueille enfin Clément Hervieu-Léger, nouveau directeur de la Comédie-Française, avec Nous, Les Héros de Lagarce, Guy Cassiers avec Bérénice de Racine, Jean-François Sivadier avec Ivanov de Tchekhov et Guillaume Séverac-Schmitz avec Roméo et Juliette de Shakespeare.

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