Avec Coquilles, sa première création pour tout-petits, Amala Dianor s’est souvenu des contes de son enfance. Ceux qui incitent à rêver d’aventures et à devenir plus grands. Présenté à la salle Louis-Jouvet avec L’Étincelle à Rouen et au Volcan au Havre, ce spectacle est un duo d’interprètes issus du hip-hop et de la danse contemporaine. Sur une musique influencée de partitions classiques et des chants de griots sénégalais, la danseuse et le danseur jouent à créer des formes pleines de fantaisies et de poésie. Entretien avec Amala Dianor
Avez-vous puisez dans vos souvenirs pour écrire cette pièce chorégraphique, Coquilles ?
Oui, absolument. C’était là tout l’enjeu de la création. Je suis né au Sénégal et j’ai grandi en France. Je suis allé cherché ce qui m’a fait grandir. Je suis parti des contes de Malis et Bouqui, deux personnages qui vivent des aventures incroyables. À partir de là, j’ai écrit mon propre conte avec des personnages imaginaires. Je me suis demandé quels animaux nous pouvions interpréter. Avant d’écrire, j’ai pu aller en immersion dans les crèches. Mes enfants sont grands maintenant. Pour capter l’attention des enfants, j’ai utilisé des livres. C’est un bel objet d’appel qui leur permet d’être attentifs. Je me suis souvenu que nous étions assis autour d’un adulte qui racontait.
C’est aussi une première pour vous : raconter une histoire.
C’est vrai. Je suis davantage sur des propositions abstraites. C’était justement intéressant de mener une autre démarche. Il y avait le parti pris de la narration. Ce fut un autre travail de recherche avec des interprètes pour retrouver une innocence, la joie de découvrir les mouvements. Nous avons pu le faire en allant à la rencontre des enfants qui étaient proches de nous.
Quelle histoire aviez-vous envie d’écrire ?
La coquille est une carapace. Parfois, nous avons du mal à sortir de notre monde. Cela m’évoque un œuf qui se fissure avant que le poussin sorte de sa coquille. C’est grandir, aller vers l’inconnu, donner de l’élan. Je voulais dire que l’inconnu n’est pas un danger.
Pour Coquilles, vous avez choisi un duo d’interprètes, venant pour l’un du hip-hop et pour l’autre de la danse contemporaine.
Ce choix a un rapport à mon ADN. Je viens de la culture hip-hop, de la street dance. J’ai aussi un parcours de danse contemporaine. Et ces deux mondes qui peuvent paraître éloignés, j’ai voulu les convoquer pour écrire un vocabulaire. Nous avons jouer sur les codes des danses, sur le toucher, le contact. Les deux corps qui s’imbriquent créent des formes. L’un est plus frileux et timide et l’autre, plus vaillante et aventurière.
Quel plaisir avez-vous pris à écrire cette pièce ?
J’ai pris beaucoup de plaisir. Avec ce spectacle, il était permis de retomber en enfance, de sortir des carcans de genre, de couleur de peau, de l’origine.
Infos pratiques
- Vendredi 10 octobre à 19 heures à la salle Louis-Jouvet à Rouen. Tarifs : 6 €, 3 €. Réservation au 02 35 98 45 05 ou en ligne
- Mercredi 25 et samedi 28 mars à 11 heures et 16h30 au Volcan au Havre. Tarifs : 7 €, 5 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou en ligne
- Durée : 30 minutes
- À partir de 1 an
- Des places sont à gagner pour la représentation à Rouen
