Les disparités sociales, le désir de consommation, le racisme sont des thèmes évoqués dans Des Gens comme eux. Éric Massé, directeur du Théâtre du Point du jour à Lyon, met en scène la pièce de théâtre de Samira Sedira qui revient sur « la tuerie du Grand Bornand », un fait divers datant de 2003. L’histoire se tisse lors de quatre fêtes jouées samedi 11 octobre au Préau à Vire.
Tout commence par un mariage. C’est la fête à Carmac où tous les habitants se connaissent. Là, dans ce village situé dans la montagne, chacun a pris l’habitude de se contenter de ce qu’il avait. La vie va être bouleversée par l’arrivée d’une famille parisienne. Les Langlois, Sylvia, Bakary et leurs trois enfants, font construire un très grand chalet, tout à côté de la modeste demeure d’Anna et Constant, originaire de la vallée. Ce sont Des Gens comme eux qui vont susciter jalousie, désir, ressentiment et répulsion.
Des gens comme eux est le titre de la pièce de théâtre de Samira Sedira, une adaptation de son roman, inspiré de « la tuerie du Grand-Bornand », l’assassinat de cinq personnes, les parents et leurs trois enfants, dans leur chalet en 2003. Éric Massé, directeur du théâtre du Point du jour à Lyon s’en empare dans ce spectacle présenté samedi 11 octobre au Préau à Vire. « Je me rappelais très bien de ce fait divers mais je n’y voyais pas une œuvre. Samira a su en décaler les paramètres pour porter des éclairages sur les invisibles — comme dans Les Bonnes de Jean Genet — et questionner le poids de la culpabilité ».
En décalage
Ce sont quatre fêtes qui vont se succéder dans Ces gens comme eux. Après le mariage arrivent le barbecue chic, le réveillon de Noël et la fête foraine. « Ce sont sont de forts marqueurs sociétaux avec des codes qu’il faut maîtriser », indique Éric Massé. Il y aura un décalage entre les Langlois et Constant et Anna. Surtout à partir du moment où celle-ci accepte d’être leur employée de maison.
Les deux familles sympathisent mais surgissent quelques crispations, des humiliations non volontaires et des jalousies. « Il y avait une joie de vivre dans ce village mais ces nouveaux venus ont amené la société de consommation », remarque le metteur en scène. Il faut ajouter quelques placements hasardeux faits par Bakary Langlois en Suisse. « Les voisins découvrent que les fêtes sont possibles grâce à l’argent qu’on lui confie. C’est très cynique ».
Alors Constant, un perchiste de haut niveau qui a dû renoncer à devenir champion après une blessure, ne peut assouvir son désir d’ascension. Sa frustration ne va cesser de croître et le conduire à commettre cinq meurtres. Dans Des Gens comme eux, c’est Anna qui raconte face à une caméra. « Elle ouvre et termine l’histoire. Elle tient comme un journal de bord. Elle monologue et témoigne. Son intelligence est secouée par le drame. Elle se demande pourquoi elle n’a pas vu la naissance d’un monstre, pourquoi elle n’a pas pu l’arrêter. Là, c’est regarder ce monde sous un angle spécifique depuis l’intimité d’un couple ». La pièce de Samira Sedira pose la question de la responsabilité collective. Les amis et les habitants du village n’ont pas vu ou voulu voir pour stopper un engrenage.
Infos pratiques
- Samedi 11 octobre à 19 heures au Préau à Vire
- Durée : 1h45
- Goûter meurtrier avec Éric Massé samedi 11 octobre à 17h30
- Tarifs : 16 €, 5 €
- Réservation au 02 31 66 66 26 ou en ligne
